Les démocrates américains dénoncent une entrave à la justice dans l'affaire Epstein
La ministre de la justice américaine, Pam Bondi, a été confrontée à de vives critiques lors de son audition devant la commission judiciaire de la Chambre des représentants, à Washington, le 11 février 2026. Les élus démocrates au Congrès l'ont accusée d'« étouffer » l'affaire Epstein en ne respectant pas la loi qui oblige l'administration Trump à assurer une transparence totale sur ce dossier sensible.
Des accusations sévères de la part des démocrates
Jamie Raskin, principal membre de la commission judiciaire, a ouvert l'audition en lançant des reproches directs à Pam Bondi. « Vous ne montrez pas beaucoup d'intérêt pour les victimes, Madame la ministre de la justice, qu'il s'agisse de celles du réseau d'exploitation d'Epstein ou de la violence gouvernementale meurtrière contre des citoyens américains à Minneapolis », a-t-il déclaré. M. Raskin faisait référence à deux manifestants tués en janvier par des policiers fédéraux lors de protestations contre la police de l'immigration (ICE).
Il a poursuivi en affirmant : « Vous êtes du côté des auteurs de crimes et vous ignorez les victimes. Ce sera votre bilan, à moins que vous ne changiez rapidement de cap. Vous dirigez du ministère de la justice un étouffement massif de l'affaire Epstein. » Ces mots soulignent la tension croissante entre les démocrates et l'administration Trump sur cette affaire.
Des documents caviardés et une transparence mise en doute
M. Raskin a également pointé du doigt la publication des documents liés à Epstein le 30 janvier par le ministère de la justice. Sur les « plus de trois millions de pages » rendues publiques, il a accusé Pam Bondi d'avoir « caviardé les noms des exploiteurs et des complices, apparemment pour leur éviter la gêne et le discrédit, ce qui est exactement le contraire de ce que la loi vous a ordonné de faire ». Cette pratique, selon lui, va à l'encontre de l'obligation légale de transparence imposée par une loi adoptée en novembre par le Congrès.
En réponse, la ministre a défendu les actions de son département. « J'ai passé toute ma carrière à me battre pour les victimes et je continuerai à le faire », a-t-elle assuré, exprimant son regret profond pour toutes les victimes, en particulier celles de Jeffrey Epstein. Elle a insisté sur le fait que son ministère avait rempli ses obligations légales.
Un contexte de controverse persistante
Todd Blanche, numéro deux du ministère de la justice et ancien avocat personnel de Donald Trump, avait précédemment averti que la masse de documents publiés ne contenait pas d'éléments nouveaux susceptibles de mener à des poursuites supplémentaires. Il avait affirmé que l'administration Trump s'était acquittée de son obligation de transparence, comme exigé par la loi.
Cette audition met en lumière les divisions politiques profondes aux États-Unis sur la gestion de l'affaire Epstein, avec des démocrates exigeant plus de clarté et de responsabilité, tandis que l'administration défend sa conformité aux règles. L'affaire continue de susciter des débats intenses sur la justice et la protection des victimes.