Manifestations à Dakar pour durcir la loi anti-homosexualité au Sénégal
Manifestations à Dakar pour loi anti-homosexualité plus dure

Manifestations massives à Dakar pour un durcissement de la loi anti-homosexualité

Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Dakar le 23 mai 2025, exigeant du gouvernement sénégalais l'adoption d'une loi renforçant les sanctions contre l'homosexualité dans le pays. Cette mobilisation intervient dans un contexte de tension croissante autour des droits des personnes LGBTQ+.

Un climat de terreur et de peur pour les militants

« Il y a un climat de peur, de terreur même », déplore un militant de Free Sénégal, un groupe de défense des droits des personnes homosexuelles, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles. L'impossibilité de s'exprimer ouvertement sur ce sujet illustre l'ambiance oppressive qui règne actuellement au Sénégal.

Arrestations récentes de douze personnes, dont deux célébrités

Dernier épisode en date de cette vague d'homophobie, l'arrestation entre le 4 et le 6 février de douze hommes accusés d'« actes contre nature », une expression juridique désignant les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Interpellés par la brigade de recherches de Keur Massar, en banlieue de Dakar, ils ont été présentés à un procureur le 9 février et sont depuis détenus à la prison de Rebeuss, dans la capitale.

Parmi les prévenus figurent deux personnalités publiques :

  • Pape Cheikh Diallo, animateur radio et télévision connu pour son émission « Face à Pape Cheikh », suivie par des dizaines de milliers d'internautes.
  • Djiby Dramé, chanteur de fusion inspiré par le mbalax sénégalais et les musiques traditionnelles mandingues, qui s'exprime en wolof et soninké.

Des peines sévères prévues par le code pénal

Conformément à l'article 319.3 du code pénal sénégalais, les accusés risquent des peines d'emprisonnement allant d'un à cinq ans, ainsi qu'une amende comprise entre 100 000 et 1 500 000 francs CFA (soit environ 150 à 2 200 euros). Cette disposition légale contribue à maintenir un environnement répressif pour les minorités sexuelles.

La situation actuelle au Sénégal révèle une intensification des pressions sociales et juridiques contre l'homosexualité, alimentée par des mouvements conservateurs et des manifestations de grande ampleur. Les défenseurs des droits humains s'inquiètent de cette dégradation, qui menace les libertés fondamentales et la sécurité des personnes LGBTQ+ dans le pays.