Ukraine : Zelensky conditionne les élections à un cessez-le-feu, le RN vote contre le prêt européen
Ukraine : élections sous conditions, RN contre prêt, recrutement africain

Le point sur la guerre en Ukraine au 1.448e jour du conflit

Vous avez manqué les derniers développements concernant la guerre en Ukraine ? Voici une synthèse détaillée des événements marquants de ce mercredi 11 février, alors que le conflit entame son 1.448e jour. Les déclarations politiques, les votes controversés et les stratégies énergétiques ont dominé l'actualité.

Zelensky : pas d'élections sans cessez-le-feu et garanties de sécurité

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement martelé ce mercredi soir que l'Ukraine n'organiserait des élections qu'après l'obtention d'un cessez-le-feu durable et de garanties de sécurité solides. Cette prise de position fait suite à un article du Financial Times évoquant la possibilité d'un scrutin à la mi-mai, sous la pression présumée de l'ancien président américain Donald Trump.

« Nous passerons aux élections quand toutes les garanties de sécurité nécessaires seront en place », a affirmé Zelensky lors d'une conférence de presse en ligne. Il a ajouté avec insistance : « C'est très facile à faire : instaurez un cessez-le-feu et il y aura des élections. » Cette déclaration intervient alors que la Russie réclame depuis longtemps le départ de Zelensky, arguant de l'absence d'élections depuis quatre ans et du début du conflit.

Le Rassemblement National vote contre le prêt européen à l'Ukraine

Ce mercredi, le président du Rassemblement National et du groupe des Patriotes au Parlement européen, Jordan Bardella, a voté contre le prêt de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine par l'Union européenne. Ce vote a provoqué une vive polémique et attiré les critiques d'autres élus français, qui ont accusé le RN d'agir « en relais de Poutine » et de trahir les intérêts vitaux de l'Europe et de la France.

L'eurodéputé RN Pierre-Romain Thionnet, un proche de Bardella, a contesté toute accusation de lâchage de l'Ukraine. Il a expliqué que le Rassemblement National critique le « montage » de ce prêt, y voyant des « dérogations trop larges » pour des achats d'armes en dehors de l'Europe. Ce positionnement souligne les divisions profondes au sein de la classe politique française sur le soutien à apporter à Kyiv.

Recrutement massif d'Africains par l'armée russe

Le chiffre du jour est éloquent : 1.417 Africains, originaires de 35 pays différents, ont été identifiés comme ayant été enrôlés dans les rangs de l'armée russe pour combattre en Ukraine. Ces données proviennent du collectif All Eyes on Wagner (AEOW), qui a pu mettre un nom sur ces individus. Selon le groupe d'investigation, 316 de ces soldats sont déjà morts sur le front.

Le rapport souligne que ce recrutement de ressortissants africains ne constitue pas un épiphénomène isolé, mais bien l'ossature d'une stratégie délibérée et organisée. Cette pratique s'inscrit dans un contexte où la guerre se prolonge et où Moscou doit faire face à une pénurie criante d'hommes pour alimenter son effort de guerre.

TotalEnergies se conformera à l'embargo sur le gaz russe en 2027

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a affirmé mercredi que le groupe se conformerait à l'interdiction des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en Europe, prévue à l'automne 2027. Il a souligné que ces volumes pourraient être remplacés sans difficulté majeure. « On a toujours dit clairement qu'on suivrait les règles qui seront adoptées », a déclaré Pouyanné lors d'un point presse sur les résultats financiers du groupe.

Cette annonce fait écho à l'accord trouvé début décembre entre eurodéputés et États européens pour interdire toutes les importations de gaz russe dans l'UE à l'automne 2027. L'objectif est de priver Moscou d'une manne financière essentielle qui alimente sa guerre en Ukraine. Si l'Europe a réduit ses approvisionnements en gaz russe par gazoducs, elle s'est partiellement tournée vers le GNL transporté par navire. La part du gaz russe dans les importations de gaz naturel de l'UE est ainsi passée de 45 % en 2021 à 19 % en 2024, illustrant une diversification progressive mais encore incomplète des sources d'approvisionnement.