4 juillet à Miami : entre excès et traditions patriotiques
4 juillet à Miami : excès et traditions

Le grand raïs de 20 Minutes Sport avait lancé un défi simple : « Raconte-moi un 4 juillet à Miami ». Après presque un mois à parcourir les États-Unis, l'envie était moins présente, la fatigue plus lourde. C'est peut-être pourquoi le choix s'est porté sur Miami Beach, quelques heures après la victoire de l'équipe de France sur le Paraguay en huitième de finale du Mondial, sur les traces de Tony Montana ou de Dexter.

Sur le papier, l'endroit est intéressant pour prendre le pouls de cette Amérique qui célébrait ses 250 ans d'existence. Miami Beach symbolise les excès et les outrances des États-Unis, mais l'expérience coûte cher à celui qui y vient à reculons, lui donnant envie de réduire en cendre le capitalisme américain.

Un patriotisme discret à Miami Beach

Premier constat : 250 ans ou pas, le 4 juillet ici ressemble à notre 14 juillet : une occasion de s'habiller chic et de faire la fête en famille ou entre amis. Pas de célébration ostentatoire du drapeau américain, malgré un patriotisme élevé au rang de religion. Donald Trump est apparu sur Fox News aux côtés d'un ancien combattant en fauteuil roulant, projeté sur des écrans géants depuis la terrasse d'un restaurant chic de Lummus Park, devant des clients sirotant des cocktails à 30 dollars, le regard détaché.

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Pour le reste, ce 4 juillet à Miami Beach ressemblait à un samedi soir bondé dans l'autre ville du vice et du péché. Les jeunes gangstas marchent pectoraux en avant, chaînes en or XXL au nombril ; les femmes sont maquillées comme des voitures volées et peu vêtues. Dans les bars, les shows s'enchaînent : au Palace, un spectacle de drag-queens avec un animateur criant « This is saturday night in Miami Beach, bitches !!! » ; à quelques mètres, un gogo danseur en costume à paillettes bleues et chapeau de cow-boy fait monter les décibels.

Défilé de looks et superficialité

Sur la promenade de South Beach, les tenues sont légères. En face, des familles pique-niquent sans prêter attention à ce défilé de looks improbables où chacun se juge et se trouve plus beau que l'autre. Au loin, les vieux beaux en Ferrari ou Lamborghini font rugir leurs moteurs dans les embouteillages monstres. Si, depuis le début du périple, les Américains avaient réduit en miettes les clichés, Miami a replacé la barre très haut sur l'échelle des préjugés. Ici, tout n'est que démesure, excès et superficialité. Mais c'est peut-être aussi ça, la « liberté ».

L'autre 4 juillet, le vrai

Pour comprendre ce que représente vraiment un 4 juillet, il faut se rendre dans les quartiers résidentiels moins huppés. Là-bas, c'est un festival de feux d'artifice à tous les coins de rue. Pendant près de dix heures, du coucher du soleil jusque tard dans la nuit, chaque famille illumine le ciel avec des milliers de feux achetés en grande surface ou dans des stands improvisés.

C'est ainsi que nous avons rencontré Patrick et ses deux adolescents, Noah et Aaron, artificiers en chef du quartier de Buena Vista, au nord de Downtown Miami. Impressionné par la quantité phénoménale de feux d'artifice – de quoi animer un 14 juillet à Carcassonne – nous engageons la conversation. « C'est une tradition aux États-Unis. On fait ça deux fois par an, le 4 juillet et pour le Nouvel An », explique Patrick avant de présenter son arsenal : pétards, fusées, cierges magiques, fontaines, bombes aériennes. Le tout pour environ 500 dollars, avec une offre « un acheté, un offert ». Interrogé sur la dangerosité, il répond en souriant, canette de bière à la main : « Pas quand on fait ça sans boire d'alcool. »

« Vous n'avez pas ça en France ? », demande-t-il, intrigué. Si, mais chez nous, c'est organisé par les communes et encadré par des pompiers formés. « Tu te souviens l'an dernier quand on a failli brûler le toit de la maison ? », lui rappelle son fils Noah, hilare, tandis qu'Aaron arrose de pétards explosant un peu trop près. De Miami Beach au quartier middle class de Buena Vista, cette ville est remplie d'êtres à part qui, sans résumer l'Amérique un 4 juillet, en dépeignent assez bien une partie des excès.

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