Le 4 juillet 2026, le Pape Leon XIV se rendra à Lampedusa, une petite île italienne de 6 000 habitants, porte d'entrée de l'Europe pour des dizaines de milliers de migrants. Cette visite hautement symbolique rend hommage aux migrants morts en Méditerranée et dénonce l'indifférence. Sur place, habitants et religieux témoignent d'une tradition d'entraide mise à l'épreuve par le durcissement des politiques migratoires.
Un message fraternel attendu
Don Carmelo Rizzo, responsable de la paroisse de Lampedusa, espère « un message fraternel très fort » de la part de Leon XIV, « sur les traces de François ». Il rappelle qu'en septembre 2023, un mois après sa nomination, 12 000 migrants ont débarqué en une semaine, et que la communauté a « ouvert nos portes et nos bras ». Le prêtre de 49 ans cite le Pape François, qui lors de son premier voyage pontifical avait dénoncé « la mondialisation de l'indifférence ». Pour Don Rizzo, « encore plus ici qu'ailleurs, l'indifférence n'a pas sa place ».
Un sanctuaire au cœur de l'accueil
À moins d'un kilomètre du centre de détention pour migrants se dresse un sanctuaire du perpétuel secours. Nichée dans une crique, la petite église Madre di San Gerlando fut un refuge pour marins de toutes confessions. Sur le vitrail, la Vierge à l'enfant, sans visage, symbolise toutes les mères. « Ça reste un refuge, il en va de nos convictions chrétiennes », assure Don Rizzo.
L'hospitalité, ADN de l'île
Fabio Giovanetti, septuagénaire gérant un musée archéologique, rappelle que « l'histoire de Lampedusa est une histoire de migrations, la Méditerranée étant un carrefour des civilisations. L'hospitalité est l'ADN de l'île, on l'oublie. » Il constate un changement de mentalité ces dix dernières années. Avant le Covid, les migrants pouvaient sortir du centre de rétention grâce à un trou dans la clôture. « Ce contact humain était essentiel. On partageait quelques mots et des parts de pizza. » Il conserve des livres d'or avec photos et témoignages, comme celui d'Alpha : « Oh ! Mon Dieu, merci de nous avoir envoyés à Lampedusa. J'ai rencontré un papa très gentil qui m'a fait oublier la souffrance. » Aujourd'hui, « ces rencontres sont impossibles. Les militaires cloisonnent tout », déplore-t-il.



