Le New York Times a révélé que l'administration Trump a compilé une liste de plus de 200 mots à interdire dans les documents et sites web officiels. Parmi eux figurent des termes comme « femme », « racisme » ou « pollution ». Cette mesure vise les mots liés au genre, aux minorités sexuelles et ethniques, ainsi qu'au changement climatique. La communauté scientifique et universitaire mondiale est bouleversée, mais les attaques sur la langue sont un outil classique des régimes totalitaires.
Le langage comme arme politique
De nombreux travaux en sciences du langage montrent que les régimes totalitaires utilisent la langue pour imposer leur idéologie. En supprimant des mots, ils effacent les nuances et les sens, favorisant des références vagues qui excitent les émotions sans complexité. Cette stratégie a été employée par Hitler, Staline, Mussolini, Poutine et aujourd'hui Trump.
Une liste ciblée
La liste inclut des notions comme « genre », « sexe », « handicap », « traumatisme » ou « victime ». Elle s'inscrit dans un programme antiwoke porté par les républicains radicaux, qui vise à nier les inégalités sociales et environnementales. Dès le début de son mandat, Trump a aussi interdit des livres dans les écoles et signé un décret faisant de l'anglais la langue officielle, affirmant ainsi la suprématie blanche.
Une attaque contre la science
Les mots ciblés sont majoritairement liés aux sciences humaines et sociales et aux sciences de l'environnement. Une analyse thématique révèle que la liste évacue des termes comme « féminin », ce qui montre un programme masculiniste, raciste, sexiste et climaticide. Par ailleurs, le licenciement de la climatologue Katherine Calvin de la NASA n'est pas une coïncidence.
Et en France ?
Si la situation américaine semble lointaine, des tendances similaires émergent en Europe. En France, des discours contre les sciences sociales et le « wokisme » se multiplient, avec des figures politiques comme Macron ou Blanquer critiquant l'« ethnicisation » ou l'« islamogauchisme ». Le modèle républicain universaliste peut aussi mener à des interdictions, comme la polémique du burkini. S'attaquer aux mots, c'est empêcher d'accéder au réel.



