La justice hongroise a mis fin aux poursuites engagées contre le maire de Budapest, Gergely Karácsony, qui avait organisé la Marche des Fiertés en 2023 en dépit de l'interdiction décrétée par le gouvernement de Viktor Orbán. Cette décision, rendue publique le 4 juin 2024, marque une victoire pour les défenseurs des droits LGBTQ+ dans le pays.
Une interdiction controversée
En juillet 2023, le gouvernement hongrois avait interdit la tenue de la Marche des Fiertés à Budapest, invoquant des motifs d'ordre public et de protection des mineurs. Le maire de la capitale, Gergely Karácsony, avait alors décidé de maintenir l'événement, arguant que cette interdiction violait les droits fondamentaux à la liberté de réunion et d'expression. Cette décision avait conduit à des poursuites judiciaires à son encontre.
Un abandon des charges
Le tribunal de Budapest a annoncé l'abandon des poursuites, estimant que les actions du maire ne constituaient pas une infraction pénale. Le juge a souligné que l'interdiction gouvernementale n'avait pas été validée par une décision de justice préalable et que Karácsony avait agi dans le cadre de ses prérogatives en tant que maire. Cette décision a été saluée par les organisations de défense des droits humains.
Réactions politiques
Le gouvernement hongrois a exprimé son mécontentement face à cette décision judiciaire. Le ministre de la Justice a déclaré que l'exécutif envisageait de modifier la législation pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. De son côté, Gergely Karácsony a qualifié la décision du tribunal de « victoire pour l'État de droit et la liberté d'expression ».
Un contexte de tensions
La Hongrie est régulièrement critiquée par l'Union européenne pour ses politiques jugées discriminatoires envers la communauté LGBTQ+. Le gouvernement d'Orbán a adopté plusieurs lois restreignant les droits des personnes homosexuelles, notamment en matière d'adoption et de représentation médiatique. La Marche des Fiertés de Budapest est devenue un symbole de la résistance à ces politiques.
L'abandon des poursuites contre le maire de Budapest est perçu comme un signal positif pour la société civile hongroise, mais les défenseurs des droits LGBTQ+ restent vigilants face aux possibles représailles législatives du gouvernement.



