Kamel Daoud : l'Algérie pénalise les récits sur la colonisation
Kamel Daoud : l'Algérie pénalise les récits coloniaux

Kamel Daoud dénonce une loi liberticide

Dans une tribune publiée au Point, l'écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud s'insurge contre la législation algérienne qui réprime les discours sur la colonisation française. Selon lui, cette loi, adoptée en 2020, criminalise toute narration historique qui ne correspond pas à la version officielle de l'État algérien. Il dénonce une atteinte grave à la liberté d'expression et à la recherche historique.

Une loi aux conséquences désastreuses

La loi incriminée, votée sous le président Abdelmadjid Tebboune, punit de prison quiconque « porte atteinte à la mémoire du martyre de la nation » ou « remet en cause le rôle de l'État dans la guerre de libération nationale ». Pour Daoud, cela revient à interdire tout débat critique sur l'histoire coloniale et postcoloniale de l'Algérie. Il cite l'exemple de nombreux intellectuels, historiens et journalistes poursuivis pour avoir simplement évoqué des faits historiques documentés.

Daoud rappelle que la colonisation française en Algérie a duré 132 ans et a laissé des traces profondes. Mais il estime que la seule manière de surmonter ce passé est d'en parler librement, sans tabous ni menaces judiciaires. Il appelle la communauté internationale à se mobiliser contre cette dérive autoritaire.

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Une réaction internationale attendue

L'écrivain, lauréat du prix Goncourt du premier roman en 2015, espère que les organisations de défense des droits humains et les gouvernements étrangers feront pression sur Alger pour abroger cette loi. Il souligne que la liberté d'expression est un droit fondamental, consacré par la Constitution algérienne elle-même, mais bafoué par des textes répressifs.

Kamel Daoud conclut en affirmant que la vérité historique ne peut être étouffée par des lois liberticides. Il appelle les Algériens à résister pacifiquement et à revendiquer leur droit de raconter leur propre histoire, sans peur.

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