En 1614, le roi d'Angleterre Jacques Ier s'éprend d'un étincelant jeune homme de 22 ans, George Villiers. Il le fera duc de Buckingham, l'homme le plus puissant du royaume, et l'appelle « mon épouse » dans des lettres enflammées, provoquant un scandale à la cour.
Une rencontre lors d'une partie de chasse
En août 1614, Jacques Ier, 48 ans, marié à Anne de Danemark mais préférant la compagnie des hommes, rencontre George Villiers lors d'une partie de chasse dans le Northamptonshire. Plusieurs clans, souhaitant évincer le favori en place, jettent littéralement le jeune homme dans les bras du roi. L'effet est immédiat : le roi est conquis.
George Villiers, descendant d'une famille de la vieille noblesse normande, est orphelin de père depuis ses 14 ans et désargenté. Il est vif, sportif, charmeur et raffiné. Il a étudié en France, excelle en équitation, en escrime comme en danse. L'évêque Godfrey Goodman le décrit comme « l'homme au plus beau corps de toute l'Angleterre ».
Une ascension fulgurante
George Villiers devient rapidement le favori du roi. En 1623, il est fait duc de Buckingham, devenant l'homme le plus puissant du royaume après le roi. Sa mère, Mary Villiers, ambitieuse, utilise cette opportunité pour s'élever socialement, comme le raconte la mini-série « Mary & George », adaptée du livre historique « The King's Assassin » de Benjamin Woolley.
Le roi Jacques Ier écrit des lettres passionnées à son favori, le qualifiant de « douce épouse » et de « chère enfant ». Cette relation suscite des attaques xénophobes et politiques, le roi étant accusé de favoriser un étranger (Villiers est d'origine normande) et de négliger les affaires du royaume.
Un héritage controversé
Le duc de Buckingham conserve son influence jusqu'à la mort de Jacques Ier en 1625. Il continue à servir son successeur, Charles Ier, mais est assassiné en 1628. Leur histoire reste l'un des exemples les plus célèbres d'amour royal homosexuel dans l'histoire britannique, marquant les esprits par son audace et son impact politique.
Selon Timothée Vilars, auteur de l'article pour « Le Nouvel Obs », cette relation illustre comment l'amour peut bousculer les interdits et les préjugés, même au sommet du pouvoir.



