Une enquête ouverte contre Legarcon.net
Le forum de discussion Legarcon.net est « soupçonné d'être destiné aux hommes attirés par les mineurs ». Une enquête a été ouverte contre cette plateforme, a indiqué ce mercredi le parquet de Paris, confirmant une information du journal Ouest-France. « La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, avec l'appui de l'Arcom [le gendarme du numérique], ouvre une enquête du chef de fourniture d'une plateforme en ligne pour permettre une transaction illicite, en bande organisée », a-t-il expliqué. Ce délit fait encourir 10 ans de prison et un million d'euros d'amende. Le parquet avait reçu le 24 avril un signalement du Haut Commissariat à l'Enfance portant sur ce forum.
Des « menaces » contre Sarah El Haïry
L'ouverture de cette enquête par le parquet « est une étape essentielle », s'est félicitée mercredi la Haute Commissaire à l'Enfance, Sarah el Haïry. « Face à la pédocriminalité, il ne doit y avoir aucune complaisance : la République doit protéger les enfants et poursuivre sans relâche les auteurs comme les complices », a-t-elle martelé, rappelant : « ceux qui dénoncent ces crimes, dont moi-même, ont aussi fait l'objet de menaces et d'intimidations ».
Sarah el Haïry avait indiqué le 2 mai qu'elle allait porter plainte contre un dénommé « Tristan », qui a écrit sur legarcon.net : « Miss Sarah El Haïry, faites attention à vos f... », selon Ouest-France. Elle avait alors expliqué que « les menaces proférées » ne « [l'impressionnaient] pas », renforçant au contraire sa « détermination ». D'après Ouest-France, « Tristan », deuxième contributeur le plus actif du site, publie ses récits depuis plus de 25 ans et multiplie les références au renseignement français : il se présente comme ayant travaillé pour l'Elysée avant sa retraite en 2008, évoquant l'époque de Jacques Chirac, et revendique des relations intimes avec des adolescents rencontrés lors de ses voyages.
Des vidéos de femmes violées
Sarah el Haïry avait annoncé le 29 avril avoir également saisi la justice concernant Chaat.fr et la plateforme Chatiw. Le parquet avait indiqué samedi étudier les signalements visant Chatiw ainsi que la plateforme Motherless, qui héberge des vidéos d'actes sexuels sur des femmes inconscientes. La ministre déléguée chargée de l'Egalité Femmes/Hommes Aurore Bergé s'était félicitée samedi que Motherless était désormais « hors ligne ».
Le parquet a aussi annoncé avoir ouvert en avril une enquête sur la réapparition, sous le nom de Cocoland, du site Coco. Immatriculé à l'étranger, considéré comme un repère de prédateurs par des associations de protection de l'enfance et mis en cause dans des guet-apens homophobes et dans l'affaire des viols de Mazan, Coco avait été fermé par la justice en juin 2024.



