Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a lancé un appel pressant aux autorités américaines pour qu'elles relancent l'enquête sur la mort de Shireen Abu Akleh, une journaliste palestino-américaine tuée en Cisjordanie occupée en mai 2022. L'organisation basée à New York estime que les circonstances de sa mort restent entourées de zones d'ombre et que la justice n'a pas été rendue.
Un meurtre qui a choqué le monde
Shireen Abu Akleh, correspondante de la chaîne Al Jazeera, a été abattue le 11 mai 2022 alors qu'elle couvrait une opération militaire israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie. Les images de sa mort ont fait le tour du monde, suscitant une vague d'indignation et de condamnations internationales. Les premières enquêtes, menées par les autorités israéliennes et palestiniennes, ont abouti à des conclusions divergentes, les Palestiniens accusant l'armée israélienne d'avoir délibérément visé la journaliste.
L'enquête américaine au point mort
Le CPJ déplore que l'enquête ouverte par le FBI, à la demande de la famille de la journaliste, n'ait pas abouti. L'organisation rappelle que Shireen Abu Akleh possédait la double nationalité palestinienne et américaine. Selon le CPJ, les autorités américaines n'ont pas fourni de mise à jour substantielle sur l'enquête depuis plus d'un an. Cette absence de progrès est inacceptable pour une affaire d'une telle gravité.
Les demandes du CPJ
Dans un communiqué publié ce jeudi, le CPJ exhorte l'administration Biden à prendre des mesures concrètes pour relancer l'enquête. L'organisation demande notamment que le FBI mène des entretiens avec des témoins clés, examine les preuves balistiques et collabore avec des experts indépendants. Le CPJ insiste sur le fait que la résolution de cette affaire est cruciale pour la protection des journalistes dans le monde entier.
Une impunité persistante
Le CPJ souligne que la mort de Shireen Abu Akleh s'inscrit dans un contexte plus large d'impunité pour les crimes contre les journalistes. Selon les données de l'organisation, plus de 1 400 journalistes ont été tués dans le monde depuis 1992, et la grande majorité de ces meurtres restent impunis. Le cas d'Abu Akleh est devenu un symbole de cette impunité, et le CPJ appelle les États-Unis à montrer l'exemple en faisant toute la lumière sur cette affaire.
L'organisation rappelle également que la liberté de la presse est un pilier essentiel de la démocratie et que les gouvernements ont la responsabilité de protéger les journalistes. Le CPJ continuera de suivre de près l'évolution de cette enquête et de plaider pour que justice soit rendue pour Shireen Abu Akleh et sa famille.



