Depuis des siècles, le sommeil féminin est sexualisé, transformant les femmes endormies en objets de désir et de viol. Un article du Monde, publié le 27 juin 2026, retrace cette histoire troublante, des contes de fées aux affaires criminelles contemporaines, en passant par l'émergence d'une prétendue « Académie mondiale du viol ».
Des mythes aux crimes : une histoire de la sexualisation du sommeil
L'article commence par évoquer les figures mythologiques et littéraires, comme la Belle au bois dormant, où le sommeil est présenté comme un état de vulnérabilité érotique. Cette représentation a perduré dans la culture populaire, contribuant à normaliser l'idée que les femmes endormies sont disponibles sexuellement.
Au fil des siècles, cette sexualisation a pris des formes plus concrètes. Au XIXe siècle, des médecins légistes documentaient déjà des cas de viols de femmes endormies, souvent perpétrés par des proches. L'article cite l'historienne Sarah G., spécialiste des violences sexuelles, qui explique que « le sommeil a longtemps été perçu comme un état de consentement implicite, une idée qui a imprégné la jurisprudence et les mentalités ».
L'émergence de l'Académie mondiale du viol
Le terme provocateur d'« Académie mondiale du viol » est utilisé pour décrire un réseau informel de théoriciens et de praticiens qui justifient et encouragent le viol des femmes endormies. Selon l'article, ce réseau s'appuie sur des forums en ligne et des publications pseudoscientifiques pour promouvoir l'idée que le viol d'une personne endormie est un « acte naturel ».
L'article rapporte que des enquêtes récentes ont mis au jour des centaines de cas de viols de femmes endormies, souvent facilités par l'usage de substances comme le GHB. Un chiffre alarmant est cité : selon une étude de 2025, près de 30 % des viols déclarés en France impliquent une victime endormie ou inconsciente.
Une culture du viol persistante
L'article dénonce la persistance d'une culture du viol qui minimise la gravité de ces actes. Il mentionne des affaires judiciaires récentes où des juges ont accordé des circonstances atténuantes aux agresseurs sous prétexte que la victime dormait. « C'est comme si le fait que la femme ne soit pas consciente réduisait la culpabilité de l'agresseur », déplore Me Léa D., avocate spécialisée dans la défense des victimes.
L'article conclut en appelant à une prise de conscience collective et à des réformes législatives pour mieux protéger les femmes contre ces violences. Il souligne que le combat contre la sexualisation du sommeil est un aspect crucial de la lutte contre les violences sexuelles.



