Des multinationales françaises accusées de complicité silencieuse
Dans une tribune publiée le 27 juin 2025, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent le silence des groupes français Orange et TotalEnergies face à la répression de l'homosexualité au Sénégal. Selon ces ONG, les deux entreprises, qui réalisent des profits importants dans le pays, refusent de prendre position contre des lois discriminatoires et des arrestations arbitraires.
Une répression qui s'intensifie
Le Sénégal punit les relations homosexuelles de peines allant d'un à cinq ans de prison. En 2024, au moins 12 personnes ont été condamnées pour homosexualité, selon Amnesty International. Les ONG rappellent que cette législation viole les engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains. Pourtant, Orange et TotalEnergies, qui emploient des milliers de personnes au Sénégal, restent muets.
Un appel à la responsabilité sociale des entreprises
Les signataires de la tribune, parmi lesquels figurent des associations comme Human Rights Watch et l'International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (ILGA), estiment que les multinationales ont un devoir moral de s'exprimer. "Orange et TotalEnergies ne peuvent pas se retrancher derrière leur neutralité politique alors qu'elles bénéficient de contrats lucratifs dans un pays où des citoyens sont emprisonnés pour leur orientation sexuelle", déclare un porte-parole d'ILGA.
Des bénéfices sans contrepartie éthique
Orange Sénégal génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 200 millions d'euros, tandis que TotalEnergies exploite des actifs pétroliers et gaziers majeurs, notamment le champ gazier Grand Tortue Ahmeyim. Les ONG pointent du doigt l'absence de clause de non-discrimination dans leurs contrats et leur refus de dialoguer avec les militants LGBT+ locaux.
Une pression internationale croissante
En 2024, la France a adopté une loi sur le devoir de vigilance des entreprises, les obligeant à prévenir les violations des droits humains dans leurs chaînes d'approvisionnement. Les ONG estiment que le silence d'Orange et de TotalEnergies pourrait constituer un manquement à cette obligation. "Nous appelons les actionnaires et les consommateurs à exiger des comptes", conclut la tribune.



