Affaire Lyhanna : le profil d'un pédocriminel en série se dessine
Affaire Lyhanna : un pédocriminel en série ?

Six plaintes, une procédure disciplinaire et deux signalements. Alors que le profil de Jérôme Barella, mis en examen dans l'affaire Lyhanna, se précise, l'hypothèse d'un agresseur en série prend de l'ampleur. Bien que son casier judiciaire soit vierge et qu'il reste présumé innocent, les premières investigations révèlent un pédocriminel qui aurait intensifié ses actes au fil du temps.

Des accusations qui s'accumulent

Le premier signalement remonte à 2017 : une adolescente de 17 ans l'accusait de viol. En 2022 puis en 2025, deux fillettes de 7 et 10 ans ont également porté plainte pour des faits similaires. La première plainte a été classée sans suite, tandis que la seconde était encore en cours au moment de l'affaire Lyhanna. Selon la psychiatre Muriel Salmona, certains agresseurs développent une dépendance, comparable à celle des toxicomanes, avec un phénomène de tolérance croissante. Cette comparaison a été reprise par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a déclaré que les pédocriminels sont « incurables ».

Un terme inapproprié selon les experts

Les propos du ministre laissent dubitatif le psychiatre Laurent Layet, expert dans l'affaire Pélicot. Il estime que le terme « incurable » est inadéquat, car il renvoie à une maladie comme un rhume. En psychiatrie, on parle de « déviance » et de « trouble de l'organisation de la personnalité ». La question n'est pas de guérir, mais d'agir sur ces troubles pour modifier le comportement de l'auteur.

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Facteurs statiques et dynamiques

Le comportement des pédocriminels est influencé par des facteurs statiques immuables (antécédents, sexe, victimisation dans l'enfance) et des facteurs dynamiques modifiables (insertion sociale, consommation de toxiques). Le travail des experts consiste à évaluer la dangerosité et le risque de récidive, avec des réévaluations régulières. Cependant, le risque zéro n'existe pas, même pour les personnes sans antécédent.

Intervenir le plus tôt possible

Selon Muriel Salmona, les agresseurs commencent souvent très jeunes et ne font rarement qu'une seule victime. Elle insiste sur l'importance d'intervenir précocement pour éviter une « carrière de prédateur ». Elle appelle à identifier les auteurs et les victimes, notamment en milieu scolaire, pour interrompre le cycle. 80 % des auteurs de violences sexuelles auraient eux-mêmes été victimes dans l'enfance. La psychiatre se montre optimiste pour les jeunes agresseurs, chez qui il est plus facile de transformer la mémoire traumatique en mémoire biographique. Pour les cas les plus graves, elle préconise de protéger la société en éloignant les auteurs et en poursuivant le travail en milieu fermé.

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