Une offensive militaire américaine sans précédent contre le Venezuela
Ce samedi 3 janvier, le président américain Donald Trump a lancé une attaque militaire d'une ampleur inédite contre le Venezuela. Les bombardements ont frappé la capitale Caracas ainsi que les États de Miranda, d'Aragua et de la Guaira, tandis que le président vénézuélien Nicolas Maduro a été enlevé. Cette opération s'inscrit dans le cadre du combat mené par l'administration républicaine contre ce qu'elle présente comme un État encourageant le narcotrafic et l'immigration. Cependant, de nombreux observateurs soulignent que les véritables cibles sont le pétrole et les ressources naturelles du pays.
L'Union européenne appelle à la retenue et au respect du droit international
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a rapidement réagi en appelant à la retenue. Sur le réseau social X, elle a affirmé suivre « de près la situation » et avoir discuté avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio ainsi que l'ambassadeur européen à Caracas. « En toutes circonstances, les principes du droit international et de la charte des Nations unies doivent être respectés », a-t-elle écrit, tout en rappelant que l'UE contestait la légitimité de Nicolas Maduro et défendait une transition pacifique. « La sécurité des citoyens de l'UE dans le pays est notre priorité absolue », a-t-elle ajouté.
Les réactions internationales : de la condamnation à la médiation
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a brandi le « respect du droit international » lors d'une prise de parole télévisée, exprimant le souhait de s'entretenir avec Donald Trump et ses alliés après avoir établi les faits. Il a précisé que son pays « n'a pas participé à cette opération ».
De son côté, l'Espagne a appelé à « la désescalade, à la modération et à agir toujours dans le respect du droit international ». Le ministre espagnol des Affaires étrangères s'est dit disposé à jouer les intermédiaires « pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle ». Madrid a rappelé avoir accueilli « des dizaines de milliers de Vénézuéliens contraints de quitter leur pays pour des raisons politiques » et être prête à aider à la recherche d'une solution démocratique.
La position nuancée de la France
En fin d'après-midi, Emmanuel Macron s'est exprimé sans condamner explicitement l'agression américaine et l'enlèvement de Nicolas Maduro. « Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature et ne peut que s'en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolas Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a écrit le chef de l'État. Il a appelé à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien » et invité le président élu en 2024, Edmundo González Urrutia, à assurer cette transition.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a d'abord critiqué le bilan de Nicolas Maduro avant de condamner l'agression américaine qui « contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ». « La France rappelle qu'aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir », a-t-il assuré, réitérant l'attachement de la France à la charte des Nations unies.
La gauche française condamne unanimement l'intervention américaine
En France, la gauche a rapidement et unanimement condamné les frappes américaines et dénoncé l'enlèvement de Nicolas Maduro. Jean-Luc Mélenchon a accusé les États-Unis de « s'emparer du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d'un autre âge ». Le leader de La France insoumise a appelé Emmanuel Macron à se « réveiller » et à condamner l'attaque, qualifiant le narcotrafic de « prétexte » pour détruire l'ordre international.
Le parti a organisé un rassemblement place de la République, dénonçant dans un communiqué « les coups d'État, guerres et ingérences qui ont ravagé l'Amérique latine » et appelant le gouvernement français à exiger un cessez-le-feu immédiat.
Le Parti communiste a également condamné cette « violation flagrante de la souveraineté du Venezuela, du droit international et de la charte des Nations unies », exigeant « la levée des sanctions économiques qui étranglent la population vénézuélienne ».
Olivier Faure a estimé que cet acte devait être « unanimement condamné, quoi que l'on pense de Nicolas Maduro », soulignant que « la force ne peut remplacer le droit ». Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a parlé d'un « nouvel effondrement du droit international ».
Des réactions plus nuancées à droite
À droite, les condamnations ont été plus mesurées. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a rappelé que « des millions de Vénézuéliens ont souffert de cette dictature sanguinaire et sans pitié », mais a ajouté que « le respect du droit international et de la souveraineté des États ne peut être à géométrie variable ». Il a estimé que le renversement extérieur d'un gouvernement par la force « ne saurait constituer une réponse acceptable ».
Éric Ciotti s'est réjoui de la « chute du dictateur Maduro » tout en demandant « un processus démocratique » dans le respect du droit international. Julien Aubert, vice-président des Républicains, a affirmé que « les États-Unis ne sont pas le gendarme du monde » et n'ont « aucune légitimité pour décider qui doit gouverner où ».
Le soutien international à Caracas
La Russie a qualifié les bombardements d'« actes d'agression armée » et demandé des « éclaircissements immédiits ». Moscou a réaffirmé sa solidarité avec le peuple vénézuélien et soutenu la demande de Caracas d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, exprimant une « extrême inquiétude » concernant l'enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse.
En Amérique latine, de nombreux pays ont apporté leur soutien au Venezuela. Le Mexique a condamné « avec la plus grande fermeté les actions militaires exécutées unilatéralement » et réaffirmé que « le dialogue et la négociation sont les seuls moyens légitimes et efficaces ».
Le président cubain Miguel Diaz-Canel Bermudez a critiqué les bombardements et exigé « une réaction urgente de la communauté internationale », parlant de « terrorisme d'État ».
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a estimé que ces actes « constituent une grave atteinte à la souveraineté du Venezuela et créent un précédent extrêmement dangereux », rappelant « les pires moments d'ingérence dans la politique de l'Amérique latine ».
Le président colombien Gustavo Petro a exhorté l'Organisation des États américains et l'ONU à se prononcer sur la « légalité internationale » de cette agression et annoncé le déploiement de militaires à la frontière pour préserver la stabilité de son pays.



