Venezuela : la pression monte pour des élections présidentielles
Plus de trois mois après la capture de Nicolás Maduro par l'armée américaine le 3 janvier 2026, la situation politique au Venezuela reste tendue. Delcy Rodriguez assure la présidence par intérim, mais l'opposition et des syndicats exigent désormais la convocation d'élections présidentielles pour combler la vacance du pouvoir.
L'appel pressant de Maria Corina Machado
Maria Corina Machado, leader de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, a réitéré mardi 14 avril sa demande d'organiser des élections « dès que possible ». Cet appel intervient au lendemain du rejet de cette requête par le puissant ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello. Dans un entretien à l'AFP, Machado a souligné que la Constitution vénézuélienne stipule clairement qu'en cas d'absence totale du président, des élections doivent être convoquées dans les 30 jours.
Elle a précisé que convoquer des élections ne signifie pas nécessairement les organiser immédiatement. L'opposante privilégie la reconstruction d'un cadre électoral crédible, en proposant :
- La désignation d'un nouveau Conseil national électoral composé de personnes sans affiliation politique.
- Une mise à jour du registre électoral, car environ 40% des Vénézuéliens en âge de voter ne sont pas inscrits, notamment ceux ayant quitté le pays.
Selon elle, ce processus nécessiterait environ neuf mois après la nomination d'un nouveau conseil électoral.
Le blocage institutionnel et les règles constitutionnelles
Le parti Vente, dirigé par Machado, avait déjà appelé vendredi à la tenue d'élections, mais cette demande a été rejetée. Dans un communiqué, le parti a rappelé que plus de 90 jours se sont écoulés depuis la destitution de Maduro, délai fixé par l'article 234 de la Constitution pour que l'Assemblée nationale se penche sur la vacance présidentielle.
Cependant, la Constitution permet à l'Assemblée nationale, actuellement contrôlée par le parti au pouvoir, de proroger de 90 jours supplémentaires le mandat de la présidente par intérim. Jusqu'à présent, cette assemblée n'a jamais évoqué la vacance du poste de président ni l'éventualité d'élections, malgré les promesses de Delcy Rodriguez en février d'organiser des élections libres.
La mobilisation syndicale et les revendications sociales
Des syndicats vénézuéliens ont appelé à un rassemblement jeudi pour exiger la convocation d'élections et plus de transparence dans la gestion des recettes pétrolières. Jorge Lopez, un représentant syndical, a déclaré : « Marchons ensemble vers l'ambassade nord-américaine pour remettre un document afin d'exiger l'accélération du processus de transition au Venezuela. »
Il a ajouté que des élections libres sont nécessaires pour permettre au peuple de choisir ses autorités et garantir une transition vers la démocratie. Cette mobilisation souligne l'urgence d'une résolution politique face à une crise qui perdure, avec des acteurs internationaux comme les États-Unis affirmant contrôler le pays, sans pourtant pousser à des élections immédiates.



