Une trêve religieuse de 32 heures annoncée dans le conflit ukrainien
Un court cessez-le-feu à l'occasion de la Pâque orthodoxe a été décrété entre l'Ukraine et la Russie. Vladimir Poutine a annoncé cette mesure jeudi, rapidement acceptée par son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette pause dans les hostilités doit débuter ce samedi après-midi pour s'achever à la fin de la journée de dimanche, couvrant ainsi une période totale de trente-deux heures.
Les modalités du cessez-le-feu et les réactions immédiates
Le Kremlin a précisé que le cessez-le-feu entrerait en vigueur à seize heures ce samedi. Le ministre russe de la Défense, Andreï Belooussov, et son chef d'état-major Valéri Guérassimov ont reçu l'ordre formel de « cesser les opérations de combat dans toutes les directions pour cette période ». De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé que son pays était prêt à respecter cette rare interruption des combats, une proposition qu'il avait lui-même formulée précédemment.
Des attaques meurtrières précédant la trêve
Cette annonce intervient dans un contexte de violences persistantes. Dans la nuit de vendredi à samedi, les autorités des régions ukraniennes de Poltava, au centre du pays, et de Soumy, dans le nord-est, ont signalé deux attaques distinctes ayant causé la mort d'une personne et blessé une quinzaine d'autres. Tôt samedi, les autorités d'Odessa, dans le sud, ont rapporté le décès de deux civils dans une frappe russe sur une zone résidentielle, avec deux autres personnes hospitalisées.
Par ailleurs, l'armée de l'air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé cent vingt-huit drones contre le territoire ukrainien dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces événements rappellent qu'une trêve similaire avait été annoncée l'an dernier pour la même occasion religieuse, mais les deux camps s'étaient mutuellement accusés de multiples violations.
L'impasse des négociations et la situation militaire
Plusieurs cycles de négociations menées sous l'égide des États-Unis n'ont pas permis de rapprocher les positions des belligérants. Le processus s'enlise davantage alors que l'attention de Washington se déplace vers l'Iran. Moscou exige de Kiev des concessions territoriales et politiques que Volodymyr Zelensky a catégoriquement rejetées, les qualifiant de capitulation.
Selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l'agence Tass, cette trêve n'a pas été discutée au préalable avec Kiev ou Washington et n'est pas liée aux pourparlers de paix. Sur le terrain, si la Russie a réalisé des gains territoriaux modestes mais coûteux, l'Ukraine a récemment repoussé l'ennemi dans le sud-est.
Le ralentissement des avancées russes et les défis ukrainiens
Les avancées russes ont significativement ralenti depuis fin 2025, selon les analyses de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), basé aux États-Unis. L'ISW attribue ce ralentissement aux contre-offensives ukrainiennes, mais aussi à « l'interdiction faite à la Russie d'utiliser les terminaux Starlink en Ukraine » et aux « efforts du Kremlin pour restreindre l'accès à Telegram ».
La situation reste cependant défavorable à Kiev plus au nord, dans la région de Donetsk, en direction des villes de Kramatorsk et Sloviansk. À l'est de Sloviansk, les troupes russes ont progressé sur environ cinquante kilomètres carrés au cours du mois de mars.
Bilan territorial quatre ans après le début du conflit
Quatre ans après le début des hostilités, Moscou occupe un peu plus de dix-neuf pour cent du territoire ukrainien. La majorité de ces gains ont été réalisés pendant les premières semaines du conflit, soulignant la difficulté des avancées significatives pour les deux camps dans la phase actuelle des combats.



