Le président américain Donald Trump a subi un rare camouflet au Congrès ce jeudi, alors que le Sénat a adopté une résolution visant à limiter ses pouvoirs militaires en Iran. Avec 55 voix contre 45, la chambre haute a voté en faveur du texte, qui exige que le président obtienne l'approbation du Congrès avant d'engager des hostilités contre l'Iran. Ce vote, bien que symbolique, marque un désaveu significatif pour Trump, qui avait ordonné une frappe aérienne en janvier dernier contre le général iranien Qassem Soleimani.
Une résolution non contraignante mais politique
La résolution, portée par la sénatrice démocrate Tim Kaine, n'a pas force de loi mais envoie un message fort à l'administration Trump. Elle réaffirme le rôle du Congrès dans les décisions de guerre, conformément à la Constitution américaine. Huit sénateurs républicains se sont joints aux démocrates pour voter en faveur du texte, soulignant les divisions au sein du parti présidentiel sur la politique étrangère.
Les réactions de Trump et de ses alliés
Donald Trump a immédiatement réagi sur Twitter, qualifiant le vote de « manœuvre politique » et de « honte ». Il a menacé d'utiliser son droit de veto si la résolution venait à être adoptée par la Chambre des représentants. De son côté, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a critiqué le texte, affirmant qu'il affaiblissait la capacité du président à protéger les intérêts américains.
Un contexte de tensions avec l'Iran
Ce vote intervient dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l'Iran. Depuis l'assassinat de Soleimani, Téhéran a riposté en frappant des bases américaines en Irak et en violant plusieurs engagements de l'accord nucléaire de 2015. La résolution vise à prévenir une escalade militaire non autorisée par le Congrès, alors que des craintes persistent quant à un conflit ouvert.
Le texte doit maintenant être examiné par la Chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires. Il devrait y être adopté, mais pourrait ne pas obtenir la majorité des deux tiers nécessaire pour passer outre un veto présidentiel. Quoi qu'il en soit, ce vote marque une étape importante dans le contrôle du pouvoir exécutif par le législatif.



