Guerre au Moyen-Orient : l'ultimatum de Trump contre les infrastructures énergétiques iraniennes
Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans son 38e jour, les perspectives de sortie de guerre semblent s'éloigner dangereusement. Le président américain Donald Trump a lancé un ultimatum particulièrement menaçant contre l'Iran, promettant de détruire les infrastructures civiles du pays si le détroit d'Ormuz ne rouvre pas rapidement.
Un ultimatum sans précédent de la Maison Blanche
Lors d'une conférence de presse tenue lundi à la Maison Blanche, Donald Trump a fixé à mardi soir 20 heures (heure de Washington) la limite pour que les dirigeants iraniens parviennent à un accord. « Nous avons un plan qui prévoit que tous les ponts d'Iran seront détruits d'ici minuit demain soir, que toutes les centrales électriques d'Iran seront hors service et ne pourront plus jamais être utilisées », a déclaré le président américain.
Il a ajouté avec une précision glaçante : « Et cela se fera en l'espace de quatre heures - si nous le voulions. » Au début de cette conférence décousue, Trump avait même affirmé que « le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit », illustrant la gravité de l'escalade verbale.
Des frappes israéliennes sur les complexes pétrochimiques iraniens
Ces déclarations interviennent dans un contexte d'intensification des attaques contre les sites énergétiques iraniens. Lundi, l'armée israélienne a frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique d'Iran, situé à Assalouyeh. Ce site stratégique assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays.
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a confirmé cette attaque dans un message vidéo. Le complexe gazier d'Assalouyeh se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar et essentiel pour le secteur énergétique iranien.
Selon l'agence de presse officielle iranienne Irna, « l'incendie a été maîtrisé et la situation est actuellement sous contrôle ». Les autorités précisent qu'aucun blessé n'est à déplorer, mais que l'étendue des dégâts fait l'objet d'une enquête approfondie.
Peu après cette première attaque, un second complexe pétrochimique situé dans le sud de l'Iran, à Marvdasht près de Chiraz, a également été visé par des frappes. Les autorités locales ont indiqué que l'incendie avait été maîtrisé et évoquent des « dégâts mineurs » selon l'agence Fars.
Une stratégie de ciblage des infrastructures énergétiques
Ces attaques récentes s'inscrivent dans une stratégie plus large de ciblage des sites énergétiques iraniens. Samedi matin, des frappes israélo-américaines avaient déjà visé un site pétrochimique à Mahshahr, dans la province de Khouzestan, faisant cinq morts selon les autorités iraniennes.
Le même jour, la centrale nucléaire de Bouchehr a été visée par une frappe. Cette installation civile, construite avec l'aide de la Russie et seule centrale nucléaire opérationnelle en Iran, a déjà été ciblée à quatre reprises depuis le début de la guerre le 28 février.
Un projectile a touché « une zone proche de la centrale, où un garde a été tué » selon Irna. Aucun dommage n'a été recensé sur les installations nucléaires elles-mêmes, mais cette proximité inquiète fortement la communauté internationale.
Une inquiétude grandissante sur la scène internationale
Les déclarations et actions récentes suscitent une vive inquiétude parmi les acteurs internationaux. Le Directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a jugé sur le réseau social X que les attaques à proximité des installations nucléaires constituaient « un danger bien réel pour la sûreté nucléaire » et devaient cesser immédiatement.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a également averti que « toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est illégale et inacceptable ». Il a ajouté que cette position valait partout dans le monde, rappelant que la population civile iranienne serait la principale victime d'un élargissement de la campagne militaire.
La présidente du Comité international de la Croix-Rouge, Mirjana Spoljaric, a dénoncé les « menaces délibérées contre les infrastructures civiles essentielles » au Moyen-Orient. Elle a rappelé qu'une guerre menée sans limites était contraire au droit international et que ces menaces ne devaient pas devenir la nouvelle norme en temps de conflit.
Des positions qui se durcissent de part et d'autre
Alors que plusieurs pays tentent de négocier un cessez-le-feu entre l'Iran, les États-Unis et Israël, les positions semblent se durcir. L'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, a affirmé sur Fox News que « nous avons la légitimité de viser des cibles civiles en Iran ».
De son côté, le porte-parole de l'armée iranienne a déclaré que l'Iran poursuivrait la guerre « aussi longtemps que les responsables politiques le jugeront opportun ». Cette escalade verbale et militaire complique considérablement les efforts diplomatiques en cours.
La situation actuelle montre une évolution préoccupante du conflit, avec un ciblage de plus en plus systématique des infrastructures énergétiques iraniennes. Alors que l'ultimatum de Trump approche de son échéance, la communauté internationale retient son souffle, craignant une nouvelle escalade qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour toute la région.



