Guerre en Ukraine : Trump fixe une nouvelle date butoir pour le plan de paix
Trump fixe une nouvelle date butoir pour la paix en Ukraine

Le travail autour du plan de paix proposé à l’Ukraine se poursuit, mais le président français Emmanuel Macron a déploré le manque de volonté de la Russie d’avoir un cessez-le-feu. De son côté, Donald Trump a fixé une nouvelle date à Kiev pour accepter le plan alors que les bombardements russes se poursuivent. Voici ce qu’il faut retenir.

Des frappes russes intenses malgré les discussions

Malgré des frappes russes intenses à Zaporijjia et Kiev, l’activité diplomatique s’intensifie. Un plan de paix américain amendé est en discussion, avec une réunion prévue à Moscou « la semaine prochaine », confirmée par le Kremlin. Donald Trump affirme que « quelques points de désaccord » restent à régler. Macron reste prudent, dénonçant l’absence de volonté russe de cessez-le-feu après quatre ans de guerre. Le plan actualisé permettrait à l’Ukraine de maintenir 800 000 soldats. Les questions territoriales et de sécurité restent sensibles. L’armée russe poursuit sa lente progression à l’Est.

Des bombardements sans répit

Les services de secours ukrainiens ont annoncé que la ville de Zaporijjia (sud) avait subi une attaque russe « massive » dans la nuit de mardi à mercredi. Le bilan de ces frappes, qui ont touché une trentaine d’immeubles, a été porté à 18 blessés, a indiqué Ivan Fedorov, chef de l’administration militaire de la région. L’émissaire spécial américain Steve Witkoff doit se rendre à Moscou « la semaine prochaine » pour discuter avec le président russe Vladimir Poutine, a annoncé le président américain, une visite confirmée mercredi matin par le Kremlin.

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Donald Trump a précisé dans l’avion l’emmenant en Floride, où il va passer quelques jours pour la fête de Thanksgiving, que son gendre Jared Kushner, médiateur sans rôle officiel, participerait « peut-être » à la réunion. Le secrétaire à l’Armée de terre américain Dan Driscoll, après avoir mené des discussions avec les Russes à Abou Dhabi, va de son côté rencontrer les Ukrainiens.

Macron n’y croit pas

Plusieurs dirigeants européens ont tempéré l’optimisme américain. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu’il y avait « enfin une chance de réaliser de vrais progrès vers une bonne paix », mais a aussi déploré l’absence « de volonté russe d’avoir un cessez-le-feu » après près de quatre ans de guerre. Les négociations se concentrent sur un projet de plan américain dont une version initiale jugée très favorable à Moscou a été amendée à l’issue de pourparlers dimanche à Genève entre délégations américaine, ukrainienne et européenne.

Une rencontre Trump-Zelensky ?

La dernière mouture est « significativement meilleure » pour Kiev, a reconnu mardi auprès de l’AFP une source proche du dossier. Donald Trump a précisé qu’il rencontrerait Volodymyr Zelensky et son homologue russe « seulement quand l’accord pour terminer cette guerre sera conclu ou aura atteint les phases finales », alors que Kiev presse au contraire pour une rencontre rapide entre le président américain et son homologue ukrainien. Volodymyr Zelensky a dit mardi compter sur une « coopération active » avec Donald Trump, en jugeant « particulièrement cynique » que Moscou continue à frapper son pays pendant que des pourparlers de paix sont en cours. Une pluie de drones et de missiles russes s’était abattue sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins sept morts.

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Nouvelle date butoir

Le président américain Donald Trump est revenu mardi sur la date butoir qu’il avait fixée à l’Ukraine pour qu’elle accepte les propositions américaines en vue d’un accord de paix avec la Russie. Donald Trump a déclaré aux journalistes que les négociateurs américains faisaient des progrès dans les discussions avec la Russie et l’Ukraine, et que Moscou avait accepté quelques concessions, concessions qu’il n’a pas détaillées. Le locataire de la Maison-Blanche avait intimé ce week-end au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’accepter son plan de paix d’ici à jeudi. Ses conseillers et lui sont toutefois revenus sur une date butoir fixe, déclarant désormais qu’ils souhaitaient parvenir à un accord dès que possible. Kiev et ses alliés ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils considèrent comme des concessions majeures concédées à la Russie dans les propositions américaines.

Quelles garanties et quelles frontières ?

La dernière version du plan permet à l’Ukraine de conserver une armée de 800 000 hommes, contre 600 000 militaires dans la première mouture. « Il n’y est pas question de plafond, c’est à peu près le nombre actuel », selon la même source proche du dossier sous couvert d’anonymat. Certaines questions parmi les plus sensibles, territoriales en particulier, pourront être « discutées à un niveau présidentiel », a-t-elle poursuivi. Donald Trump a évoqué mardi des négociations « longues et compliquées » sur le tracé de « frontières ». Un autre point délicat, celui des garanties de sécurité que recevrait l’Ukraine, est en discussion avec les Européens, a indiqué le président américain, assurant : « L’Europe sera très impliquée là-dedans ».

Le président américain a par ailleurs pris la défense de son émissaire spécial, après que l’agence Bloomberg a dévoilé un échange téléphonique dans lequel Steve Witkoff conseille un haut responsable russe sur la meilleure manière d’introduire un projet de règlement du conflit auprès de Donald Trump.

Un plan de paix similaire à celui de Gaza

L’agence de presse a publié la retranscription d’un échange en octobre entre l’ancien homme d’affaires et Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe, dans lequel est évoqué un futur plan de règlement du conflit, inspiré de celui pour mettre fin à la guerre à Gaza et des conseils pour le faire aboutir. Steve Witkoff suggère notamment un appel téléphonique entre Donald Trump et Vladimir Poutine, lors duquel ce dernier « féliciterait le président (américain) pour ce succès ». Donald Trump a dit n’avoir pas entendu la conversation en question, mais a jugé qu’il s’agissait d’une technique de négociation « standard ».

Progression russe

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a de son côté déclaré mardi que la Russie attendait des États-Unis qu’ils présentent la nouvelle version de leur proposition. Les pays de la « Coalition des volontaires » soutenant l’Ukraine se sont réunis mardi en visioconférence. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a averti que le chemin vers un règlement du conflit en Ukraine était « encore long » et « difficile ». Emmanuel Macron a appelé à « continuer de mettre la pression » sur la Russie. Sur le front, l’armée russe qui contrôle près d’un cinquième du territoire ukrainien, continue sa lente progression le long de la ligne Est, revendiquant ces derniers jours la prise de plusieurs villages.