Poutine en position de force dans les négociations de paix en Ukraine ?
Poutine en position de force dans les négociations de paix ?

Alors que les combats en Ukraine se poursuivent depuis trois ans et demi, les pourparlers s'intensifient afin de mettre un terme à la guerre. Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky devraient se rencontrer très prochainement pour établir un possible accord de paix. Mais le maître du Kremlin est-il encore en position de force dans les négociations ?

La fin de la guerre en Ukraine est-elle proche ?

C'est ce qu'ont assuré Donald Trump et Volodymyr Zelensky à l'issue de la réunion à Washington en début de semaine avec les membres de la « coalition des volontaires ». Alors que les dirigeants discutaient des garanties de sécurité, le président américain a contacté Vladimir Poutine. Dans la foulée, Moscou a confirmé sa volonté d'organiser une rencontre avec son homologue ukrainien. Celle-ci reste toutefois incertaine.

« Un tourbillon diplomatique »

En moins d'une semaine, le conflit a pris un nouveau tournant. Si la situation semble évoluer, pour Ulrich Bounat, analyste géopolitique spécialiste de l'Europe centrale et de l'Est, Donald Trump n'a pas réussi à pousser Vladimir Poutine à négocier. « Il y a effectivement un tourbillon diplomatique autour de Donald Trump. Ça, c'est une évidence. L'espèce de tsunami qui fait bouger un peu les lignes, qui oblige tout le monde à se positionner parce que Donald Trump est le chef de la première puissance mondiale et que personne n'a envie d'être celui qui va porter la responsabilité à ses yeux d'un échec. Cela oblige tout le monde un peu à se positionner, Ukrainiens, Russes, Européens, pour essayer de ne pas lui déplaire », explique-t-il.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le jeu de Poutine

Après le sommet en Alaska et la réunion à Washington, Kiev et ses alliés souhaitent établir des garanties de sécurité mais aussi que les négociations russo-ukrainiennes, supervisées par les États-Unis, mènent à un accord de paix. Mais du côté de Moscou, est-on vraiment encore en position de force ? « Le fait que l'armée russe avance dans le Donbass fait que ça donne à Vladimir Poutine un poids supplémentaire dans ses exigences vis-à-vis des Occidentaux, ce sont eux qui viennent demander à la Russie d'arrêter de faire la guerre », souligne le spécialiste.

Les sanctions restent dans les cartons

Mais le maître du Kremlin dispose d'autres avantages : « Jusqu'à présent, Donald Trump a toujours refusé de sanctionner la Russie. Il y a eu des ultimatums, il y a eu des délais de grâce… Finalement, côté russe, on s'en tire toujours à bon compte. Il n'y a eu aucune sanction. Les sanctions restent dans les cartons. Même l'aide militaire américaine à l'Ukraine n'a pas augmenté, voire même est toujours un petit peu en jachère depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir. Donc ça aussi, ça donne sans doute un avantage certain à Vladimir Poutine. » En l'absence de sanctions américaines, les Européens disposent encore de quelques marges de manœuvre, mais l'effet est moindre. « L'un des enjeux fondamentaux des sanctions côté des Européens, c'est effectivement d'amener les Américains à aussi durcir leur position et les appliquer eux-mêmes pour que ça ait une puissance maximale. »

Une rencontre incertaine

La rencontre bilatérale entre le président russe et Volodymyr Zelensky devrait avoir lieu « dans les prochains jours », a annoncé Emmanuel Macron. Bien que les contours de ce sommet semblent s'esquisser, il est difficile de voir l'intérêt pour les deux parties. « Normalement, ce genre de réunion bilatérale nécessite quand même un bon travail diplomatique en amont pour que les deux arrivent quand même avec une espèce de feuille de route des choses sur lesquelles ils peuvent se mettre d'accord. Et nous n'avons pas du tout ça pour le moment. On a deux parties qui restent vraiment sur des positions aux antipodes », avance Ulrich Bounat.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Quelles garanties de sécurité ?

À Washington, il a été question des garanties de sécurité en ce qui concerne l'Europe. Le chef de l'État français a fait le déplacement aux côtés de Friedrich Merz, Giorgia Meloni, le Britannique Keir Starmer ou encore le Président Alexander Stubb, indique l'Élysée. Tous ont réaffirmé leur soutien à l'Ukraine, leur volonté de mettre fin à la guerre mais aussi à ne pas céder à Vladimir Poutine. Pour ce qui est de l'engagement militaire, « il y aura probablement le déploiement de troupes au sol », détaille Ulrich Bounat. Il ne s'agirait pas de troupes en première ligne, mais plutôt de protection aérienne « avec des avions de chasse basés soit en Pologne, soit dans l'ouest de l'Ukraine ». Mais ces garanties de sécurité pourront être assurées « seulement le jour où il y aura véritablement au moins un cessez-le-feu durable ».