Le pape Léon XIV lance une condamnation sans précédent contre la guerre de Trump
Le 5 avril, sous un soleil romain éclatant qui illuminait les tulipes rouges et les jonquilles jaunes devant la basilique Saint-Pierre, le pape Léon XIV a prononcé un discours historique lors de la messe de Pâques. Pour la première fois depuis le début de son pontificat, il n'a pas seulement condamné la violence de la guerre, comme le font traditionnellement les souverains pontifes, mais il a critiqué sans ambiguïté l'homme qui a déclenché un conflit dont il ne maîtrise plus les conséquences. Dans sa déclaration urbi et orbi, devant des dizaines de milliers de fidèles, il a lancé : « Assez de l'idolâtrie du moi et de l'argent, assez des démonstrations de force, assez des guerres. À ceux qui planifient ces actions meurtrières, nous crions : arrêtez ! »
Une allusion claire à Donald Trump et à sa guerre en Iran
Bien que Léon XIV n'ait jamais cité nommément Donald Trump, cette mise en cause a été perçue comme une attaque directe contre le président américain. D'autant plus que, lors de son voyage au Cameroun le 16 avril, le pape a précisé sa condamnation en dénonçant « ceux qui détournent les religions et le nom même de Dieu à des fins militaires, économiques et politiques ». Cette allusion fait référence à la manière dont Donald Trump et Pete Hegseth, secrétaire d'État à la Guerre, ont décrit la guerre en Iran comme faisant partie du plan de Dieu.
Ces critiques d'un pape américain envers le président de son pays d'origine n'ont pas manqué de provoquer une réaction violente de la part de Donald Trump, connu pour son tempérament éruptif. Dans une réponse cinglante, il a accusé Léon XIV « d'être faible face au crime, mauvais en politique étrangère, de soutenir par son attitude la prolifération nucléaire et d'être au fond un gauchiste qui n'aurait jamais dû être pape si lui-même n'avait pas été élu président ». Ces propos ont stupéfié, ému et choqué le milliard et demi de catholiques dans le monde, y compris les 60 millions d'Américains pratiquants, dont la majorité avait voté pour Trump en 2024.
La réaction de Giorgia Meloni et la fracture avec l'Europe
Les excès de langage de Donald Trump ont eu des retombées politiques significatives, notamment en Europe. Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien et seule cheffe de gouvernement européenne présente à l'investiture de Trump en 2025, a rompu le silence. Elle a qualifié les propos du président américain d'« inacceptable », affirmant : « Il est juste et normal que le chef de l'Église catholique appelle à la paix et condamne toutes les formes de guerre. »
Donald Trump n'a pas cherché à apaiser la situation. Dans une interview au Corriere della Sera, il a rétorqué que « l'inacceptable, c'était elle », l'accusant de se moquer des risques nucléaires iraniens et de manquer de courage. Cette rebuffade s'explique en partie par le refus de l'Italie d'autoriser les avions de l'US Air Force à se ravitailler sur la base de Sigonella en Sicile pour la guerre contre l'Iran. Trump a averti : « Nous ne pourrons plus jamais avoir les mêmes relations avec ceux qui ne nous auront pas aidés dans cette affaire avec l'Iran. »
L'isolement croissant de Trump et la perte d'alliés en Europe
Malgré la démonstration de force militaire des États-Unis, l'aventure de Donald Trump en Iran, menée aux côtés d'Israël, l'a isolé sur la scène internationale. Cette situation s'est aggravée avec la défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie le 12 avril, malgré le soutien actif de la Maison-Blanche. Péter Magyar a obtenu une majorité des deux tiers, mettant fin à seize ans de pouvoir d'Orban, un partenaire incommode de l'Union européenne et un cheval de Troie pour Trump.
Avec la disparition d'Orban, Trump perd un allié clé capable de gêner les projets européens, comme ceux concernant le Groenland. Cette série d'événements souligne l'urgence de mettre fin à la guerre de Trump avant qu'elle ne cause davantage de dégâts, au-delà de ceux déjà connus.



