Iran : au moins 192 morts dans les manifestations contre la vie chère
Iran : 192 morts dans les manifestations

Le mouvement social en Iran s'est intensifié ce week-end. Dimanche 11 janvier à la mi-journée, une ONG dresse un bilan d'au moins 192 morts parmi les manifestants. Alors que la contestation gagne de nombreuses villes, le président iranien Massoud Pezeshkian dénonce des émeutes instrumentalisées par l'étranger. Face au soutien affiché par Washington et Israël, Téhéran menace de riposter contre des sites militaires américains. La capitale est paralysée par des pénuries et des coupures de réseau.

Un bilan qui s'alourdit

Le bilan du nombre de manifestants tués en Iran s'est nettement alourdi dimanche 11 janvier. Une ONG fait état d'au moins 192 morts dans cette contestation inédite depuis trois ans. Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre 2025 par des commerçants dénonçant la vie chère et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l'ampleur ces derniers jours.

Trump et Netanyahu au soutien des manifestants

Alors que la République islamique fait face à l'un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979, le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté". Israël a affiché dimanche son soutien à "la lutte du peuple iranien pour la liberté". Son Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit espérer que l'Iran "serait bientôt délivré du joug de la tyrannie", tandis qu'un haut responsable militaire affirmait que l'armée serait "en mesure de répondre avec force si nécessaire". En cas de frappes américaines, l'Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des États-Unis, a averti dimanche le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

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Le pouvoir iranien considère les manifestants comme des "émeutiers terroristes"

Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des "émeutiers" instrumentalisés selon elles par l'étranger, les États-Unis et Israël en tête. Ils ne devraient pas être autorisés à semer le trouble dans la société, a averti dans une interview diffusée par la télévision d'État Irib, le président Massoud Pezeshkian. Il a dans le même temps appelé la jeunesse à ne pas se laisser "tromper" par des "terroristes". Le chef de la police avait annoncé plus tôt "d'importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes".

Les écoles fermées, lignes téléphoniques coupées

À Téhéran, un journaliste de l'AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau. Les écoles sont fermées et l'enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l'absence de réseau rend toute activité difficile. Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n'avait rien à voir avec la situation actuelle.

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche. "N'abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés", a-t-il lancé. Le pape Léon XIV a lui lancé un appel au dialogue et à la paix en Iran, disant prier pour "le bien commun de la société tout entière".

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