Le deuxième jour des funérailles nationales d'Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran décédé à l'âge de 87 ans, a débuté ce dimanche 5 juillet à Téhéran, avec des prières et des rassemblements de masse. Selon les autorités iraniennes, plusieurs millions de personnes ont afflué vers le centre de la capitale pour rendre un dernier hommage au leader, décédé le 3 juillet des suites d'une longue maladie.
Un rassemblement historique à Téhéran
Les rues menant à la mosquée Mosalla ont été noires de monde dès l'aube. Des hommes, des femmes et des enfants, vêtus de noir, brandissaient des portraits de Khamenei et des drapeaux iraniens. La foule a scandé des slogans comme « Mort à l'Amérique » et « Khamenei vivra éternellement ». Les autorités ont déployé des milliers de forces de sécurité pour encadrer l'événement, mais aucun incident majeur n'a été signalé.
La prière funéraire a été dirigée par l'ayatollah Ahmad Khatami, un membre influent de l'Assemblée des experts. Dans son sermon, il a loué « le leadership inébranlable de Khamenei face aux ennemis de l'Islam » et appelé à l'unité nationale. « Aujourd'hui, nous pleurons non seulement un guide, mais un père pour la nation », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par la télévision d'État.
Un deuil national de cinq jours
Le gouvernement iranien a décrété un deuil national de cinq jours. Les funérailles se déroulent sur plusieurs jours : après Téhéran, le corps de Khamenei sera transporté à Machhad, où il sera inhumé près du mausolée de l'imam Reza. Des millions de pèlerins sont attendus dans cette ville sainte chiite.
Khamenei a dirigé l'Iran pendant 35 ans, succédant à l'ayatollah Khomeini en 1989. Son décès ouvre une période d'incertitude politique, alors que le pays fait face à des sanctions internationales et à des tensions avec les États-Unis et Israël. L'Assemblée des experts doit se réunir dans les prochains jours pour désigner son successeur.
Réactions internationales
Plusieurs pays ont présenté leurs condoléances, dont la Russie, la Chine et la Syrie. En revanche, les États-Unis et l'Union européenne ont publié des déclarations prudentes, appelant à une transition pacifique. Selon un analyste politique cité par l'agence Reuters, « la succession de Khamenei est l'un des moments les plus critiques pour l'Iran depuis la révolution de 1979 ».
Les funérailles de Khamenei sont les plus importantes depuis celles de Khomeini en 1989, qui avaient rassemblé environ 10 millions de personnes. Les chiffres exacts pour cette semaine ne sont pas encore disponibles, mais les médias iraniens parlent d'une participation record.



