L'Espagne ferme son espace aérien aux avions américains engagés dans le conflit avec l'Iran
Espagne : fermeture de l'espace aérien aux avions US dans le conflit Iran

L'Espagne durcit sa position contre le conflit au Moyen-Orient

Le gouvernement espagnol, se déclarant « totalement opposé » aux attaques américano-israéliennes contre l'Iran, a pris une mesure ferme en interdisant son espace aérien à tous les avions américains participant à ce conflit. Cette annonce a été faite lundi par la ministre de la Défense, Margarita Robles, confirmant ainsi une information révélée par le quotidien El País.

Une décision aux conséquences opérationnelles

Dans les faits, ce refus de coopération de l'Espagne a compliqué significativement l'opération américaine au Moyen-Orient. Selon El País, certains bombardiers de Washington ont été contraints de contourner la péninsule ibérique pour entrer par le détroit de Gibraltar, ce qui a obligé les forces américaines à modifier leurs itinéraires et à réorganiser leur logistique.

La ministre Robles a précisé que l'utilisation des bases américaines en Espagne n'est pas autorisée pour des actions liées à la guerre en Iran, et que l'espace aérien espagnol est également fermé à cet effet. Le quotidien ajoute que le veto espagnol ne comporte qu'une seule exception : en cas d'urgence, le transit ou l'atterrissage des aéronefs concernés reste permis.

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Une opposition politique ferme

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février d'« illégale » et d'« erreur extraordinaire ». Cette prise de position lui a valu de vives critiques du président américain Donald Trump, qui a menacé en représailles de « cesser » tout commerce bilatéral après le refus de Madrid.

El País précise toutefois que toutes les missions prévues par l'accord bilatéral avec Washington restent en vigueur concernant les deux bases américaines d'Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Ces installations, la base navale de Rota et la base aérienne de Morón, sont héritées d'un accord signé entre Washington et Madrid en 1953 sous le régime de Franco.

Un contexte de tensions plus larges

Au-delà du conflit au Moyen-Orient, Donald Trump reproche depuis plusieurs mois à l'Espagne de ne pas avoir augmenté ses dépenses militaires à 5 % du PIB, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan promu par le locataire de la Maison-Blanche. Cette divergence s'ajoute aux tensions actuelles, illustrant les relations complexes entre les deux alliés.

La décision espagnole souligne ainsi une opposition croissante à la politique étrangère américaine dans la région, tout en mettant en lumière les défis logistiques et diplomatiques que cela engendre. Cette fermeture de l'espace aérien représente un geste symbolique fort, mais aussi une contrainte pratique significative pour les opérations militaires américaines.

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