Mikhaïl, déserteur russe : « Je suis allé en Ukraine pour l’argent, j’y ai tout perdu »
Déserteur russe : « Je suis allé en Ukraine pour l’argent »

Mikhaïl, un ancien soldat russe, a partagé son histoire avec Libération. Il explique avoir déserté l'armée russe pour se rendre en Ukraine, poussé par l'espoir de gagner de l'argent. « Je suis allé en Ukraine pour l'argent, et j'y ai laissé tout mon fric », confie-t-il.

Un parcours motivé par l'appât du gain

Agé de 28 ans, Mikhaïl s'est engagé dans l'armée russe en 2022, attiré par les primes promises. Mais rapidement, il a été déçu par les conditions de vie et le manque de perspectives. « On nous promettait des sommes importantes, mais en réalité, on ne voyait presque rien », raconte-t-il.

En mars 2023, il a décidé de fuir. « J'ai profité d'une permission pour passer la frontière ukrainienne. Je pensais pouvoir y trouver du travail et gagner de l'argent facilement », explique-t-il. Mais la réalité a été tout autre.

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Une vie de clandestin en Ukraine

Arrivé en Ukraine, Mikhaïl a rapidement épuisé ses économies. « J'ai payé des passeurs, des logements, et je me suis fait escroquer à plusieurs reprises. Aujourd'hui, je n'ai plus rien », déplore-t-il. Il vit désormais dans un petit appartement à Kiev, sans papiers et sans travail déclaré.

« Je suis constamment dans la peur d'être arrêté et renvoyé en Russie. Là-bas, je serais considéré comme un traître et emprisonné », confie-t-il, la voix tremblante.

Un témoignage qui met en lumière les désillusions

Le récit de Mikhaïl illustre les difficultés rencontrées par de nombreux déserteurs russes. Selon des organisations de défense des droits de l'homme, des centaines de soldats russes ont fui le conflit, mais se retrouvent souvent dans des situations précaires.

« Beaucoup pensent trouver refuge en Ukraine, mais ils sont confrontés à la méfiance et à l'absence de statut légal », explique une source associative. « Ils sont vulnérables et souvent exploités. »

Mikhaïl, lui, ne regrette pas sa décision, mais il admet avoir été naïf. « Si c'était à refaire, je ne m'engagerais pas dans l'armée. Mais je ne retournerai jamais en Russie. Je préfère vivre dans l'incertitude plutôt que sous un régime autoritaire », conclut-il.

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