Le Sénat des Philippines a officiellement ouvert, ce lundi 6 juillet 2026, le procès en destitution de la vice-présidente Sara Duterte. Cette procédure historique, la première visant un haut responsable en exercice dans le pays depuis 2001, fait suite à des accusations de corruption et d'abus de pouvoir.
Des accusations graves
La plainte, déposée par un groupe de députés de l'opposition, reproche à Sara Duterte d'avoir détourné des fonds publics à hauteur de 1,2 milliard de pesos (environ 20 millions d'euros) lorsqu'elle était maire de Davao, entre 2016 et 2022. Selon le document transmis au Sénat, l'argent aurait été utilisé pour financer des campagnes politiques et des projets personnels.
L'avocat de la vice-présidente, Me Rodrigo Alvarez, a qualifié ces accusations de « purement politiques » et a affirmé que sa cliente « n'a jamais abusé de sa position ». Il a ajouté que Sara Duterte « est prête à se défendre devant le Sénat et à prouver son innocence ».
Un procès sous haute tension
Le procès se déroule dans un climat politique tendu. Sara Duterte, fille de l'ancien président Rodrigo Duterte, est considérée comme une figure clé de la politique philippine. Sa destitution pourrait bouleverser l'équilibre des pouvoirs avant les élections de 2028.
Le Sénat, qui fait office de tribunal dans cette procédure, est composé de 24 sénateurs. Pour qu'une destitution soit prononcée, une majorité des deux tiers est requise. Les observateurs estiment que le scrutin sera serré, les alliés de la famille Duterte détenant une majorité relative.
« Ce procès est un test pour la démocratie philippine », a déclaré le sénateur de l'opposition Kiko Pangilinan. « Nous devons montrer que personne n'est au-dessus de la loi, même la vice-présidente. »
Un précédent historique
La dernière destitution aux Philippines remonte à 2001, lorsque le président Joseph Estrada avait été contraint de quitter le pouvoir après un procès similaire. Depuis, aucune procédure de ce type n'avait abouti.
Si Sara Duterte est reconnue coupable, elle serait démis de ses fonctions et pourrait être interdite d'exercer des mandats électifs. Cela marquerait un tournant dans la vie politique du pays, où la famille Duterte exerce une influence considérable.
Le procès devrait durer plusieurs semaines, avec des audiences prévues tous les jours sauf le week-end. La vice-présidente, qui a plaidé non coupable, devrait témoigner en personne.



