La Chine a annoncé lundi avoir procédé avec succès au tir d'un missile balistique intercontinental (ICBM) depuis un sous-marin en mer de Chine méridionale, avec une portée ayant atteint le Pacifique. Il s'agit d'une première confirmée officiellement par Pékin, qui marque une avancée significative dans ses capacités de dissuasion nucléaire.
Un tir inédit dans le Pacifique
Selon un communiqué du ministère chinois de la Défense, le missile a été lancé depuis un sous-marin de type 094 de la marine de l'Armée populaire de libération. Le projectile a parcouru environ 12 000 kilomètres avant de toucher une zone cible dans l'océan Pacifique, à l'ouest des îles Marshall. L'armée chinoise a précisé que ce tir s'inscrivait dans le cadre d'un entraînement régulier et ne visait aucun pays en particulier.
Des experts militaires ont souligné qu'il s'agissait du premier test public d'un ICBM lancé depuis un sous-marin chinois. Jusqu'à présent, la Chine n'avait testé ses missiles intercontinentaux que depuis des silos terrestres. Cette démonstration de capacité renforce la crédibilité de la force de dissuasion chinoise, selon les analystes.
Réactions internationales
Les États-Unis ont réagi avec prudence. Un porte-parole du Pentagone a déclaré : « Nous avons été informés de ce tir par la Chine via les canaux de communication militaires bilatéraux. Nous encourageons toutes les nations à respecter les normes de transparence pour éviter les malentendus. » Le Japon a convoqué l'ambassadeur chinois à Tokyo pour protester contre ce qu'il considère comme une menace pour la sécurité régionale.
La France, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a appelé à la retenue et au respect des engagements internationaux en matière de désarmement. « Ce type d'essai ne contribue pas à la stabilité régionale », a estimé un diplomate français.
Conséquences stratégiques
Ce tir intervient dans un contexte de tensions croissantes en Asie-Pacifique, notamment autour de Taïwan et de la mer de Chine méridionale. La Chine modernise rapidement ses forces nucléaires, avec pour objectif de disposer d'une triade nucléaire crédible (missiles sol-sol, bombardiers et sous-marins lanceurs d'engins). Selon le rapport annuel du Pentagone sur la puissance militaire chinoise, Pékin posséderait environ 500 ogives nucléaires d'ici 2030, contre environ 350 actuellement.
Pour le général à la retraite Zhu Chenghu, expert militaire chinois cité par l'agence Chine Nouvelle, ce test démontre que « la Chine dispose désormais d'une capacité de seconde frappe fiable, ce qui est essentiel pour dissuader toute agression nucléaire ». Il a ajouté que « la politique de non-emploi en premier de l'arme nucléaire reste inchangée ».
Un signal diplomatique
Certains analystes estiment que ce tir pourrait être un message adressé aux États-Unis dans le cadre des négociations sur le contrôle des armements. La Chine a refusé jusqu'à présent de participer aux discussions tripartites avec les États-Unis et la Russie sur la limitation des arsenaux nucléaires, arguant que son arsenal est bien inférieur en taille. En démontrant sa capacité à projeter une menace nucléaire depuis les océans, Pékin pourrait chercher à renforcer sa position dans ces éventuelles négociations futures.
L'annonce chinoise a également relancé le débat sur la nécessité d'un traité de limitation des armements en Asie. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a réitéré son appel à un dialogue constructif entre les puissances nucléaires pour éviter une nouvelle course aux armements.



