L'alliance sino-russe se consolide face au conflit au Moyen-Orient
La guerre déclenchée le 28 février par Israël et les États-Unis contre l'Iran a pour effet immédiat de renforcer significativement les liens diplomatiques entre Moscou et Pékin. Cette convergence d'intérêts s'explique par des réalités géopolitiques fondamentales : la Russie demeure un allié historique de Téhéran, tandis que la Chine dépend étroitement du pétrole iranien et donc de la libre circulation dans le détroit d'Ormeuz, point de passage stratégique pour ses approvisionnements énergétiques.
Une coordination renforcée au Conseil de sécurité de l'ONU
Les deux puissances, membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, ont intensifié leur coopération depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Elles affichent aujourd'hui une volonté commune de voir les hostilités cesser rapidement dans la région. Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré à son homologue russe Sergueï Lavrov qu'il souhaitait travailler avec lui en vue d'une « désescalade » de la guerre au Moyen-Orient.
Lors d'une conversation téléphonique initiée par Sergueï Lavrov, Wang Yi a insisté sur le fait que « la Chine et la Russie doivent faire respecter l'équité sur les grandes questions de principe ». Il a déploré que « la situation au Moyen-Orient continue de se détériorer et les combats s'intensifient », selon le compte-rendu de l'agence officielle chinoise Xinhua.
L'appel pressant de la Chine pour un cessez-le-feu
Le chef de la diplomatie chinoise a réitéré avec force l'appel de Pékin à « un cessez-le-feu immédiat ». Il a souligné : « La Chine souhaite poursuivre sa coopération avec la Russie au Conseil de sécurité de l'Onu, à communiquer rapidement sur les questions majeures et à déployer des efforts en vue d'une désescalade et du maintien de la paix et de la stabilité régionales, et de la sécurité mondiale ».
La Russie critique les ultimatums de Donald Trump
De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères s'est aligné sur cette position lors d'un appel téléphonique, également dimanche, avec son homologue iranien Abbas Araghchi. Sergueï Lavrov a exprimé le souhait que les États-Unis « abandonnent le langage des ultimatums » pour faciliter un « retour aux négociations ». Il a précisé : « La partie russe a exprimé l'espoir que les efforts entrepris par un certain nombre de pays pour désamorcer les tensions autour de l'Iran aboutiront ».
Ces déclarations font suite à la menace proférée dimanche par l'ancien président américain Donald Trump, qui, dans un message truffé d'obscénités, a averti qu'il frapperait les centrales électriques et les ponts iraniens si le pays ne rouvrait pas le détroit d'Ormeuz. Cette escalade verbale a été vivement critiquée par Moscou, qui y voit un obstacle à la résolution pacifique du conflit.
La coordination sino-russe apparaît ainsi comme un élément clé dans la recherche d'une issue diplomatique à cette crise régionale, mettant en lumière l'émergence d'un front diplomatique alternatif face aux actions militaires israéliennes et américaines.



