Trump annonce un blocus américain du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran
Blocus américain d'Ormuz après échec des négociations Iran

Blocus américain du détroit d'Ormuz après l'impasse des pourparlers avec l'Iran

À la suite de l'échec des négociations directes à Islamabad, au Pakistan, le président américain Donald Trump a annoncé dimanche la mise en place d'un blocus du détroit d'Ormuz par les États-Unis. Cette décision intervient après plus de vingt heures de discussions qui, selon le président américain, se sont pourtant « bien » déroulées, avec « la plupart des points ayant fait l'objet d'un accord ». Cependant, Téhéran a refusé de céder sur la question nucléaire, poussant Washington à cette mesure radicale.

Une escalade stratégique aux conséquences mondiales

Donald Trump a justifié ce blocus en accusant l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique, une affirmation que Téhéran dément catégoriquement. C'est précisément cette accusation qui a servi de prétexte à l'offensive lancée conjointement avec Israël le 28 février, déclenchant une guerre dévastatrice ayant fait des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban, et perturbant profondément l'économie mondiale. L'Organisation de médecine légale iranienne a d'ailleurs indiqué dimanche avoir identifié 3 375 personnes tuées depuis le début du conflit.

Dans sa première réaction à l'annonce de l'échec des négociations, le président américain a écrit que les États-Unis allaient entamer un « processus de Blocus de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz ». Ce passage maritime est stratégique pour le commerce mondial et l'approvisionnement en pétrole, ce qui rend cette décision particulièrement lourde de conséquences.

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Réactions immédiates et menaces croisées

Sans détailler les modalités opérationnelles de ce blocus, alors que le détroit est déjà verrouillé par l'Iran depuis le début de la guerre, Donald Trump a affirmé sur Fox News que la Grande-Bretagne « et quelques autres pays » enverraient des dragueurs de mines pour soutenir l'opération. En réponse, les gardiens de la révolution iraniens ont menacé de piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel », affirmant avoir « entièrement sous contrôle » le trafic du détroit, où Téhéran a instauré de facto des droits de passage.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, deux pétroliers battant pavillon pakistanais se dirigeant vers le détroit ont fait demi-tour dimanche, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués dans le Golfe. Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po, juge qu'un blocus américain « est un acte de guerre, et cela suggère que Washington est de plus en plus désillusionné par la diplomatie ».

Des perspectives diplomatiques incertaines

Shibley Telhami, chercheur à la Brookings Institution, estime quant à lui que même si un tel blocus est « réalisable, ce qui reste une question ouverte », cela « semble aller à l'encontre de tout bon sens ». Dès l'annonce de l'impasse des pourparlers, le Pakistan a appelé au respect de la trêve convenue entre Téhéran et Washington mercredi. Aucune des deux parties ne s'est exprimée sur le devenir du cessez-le-feu devant expirer le 22 avril, tandis que les appels internationaux se multiplient pour qu'elles restent sur la voie diplomatique.

Oman, médiateur entre les deux pays avant la guerre, les a appelés à faire des « concessions douloureuses » pour un règlement négocié. Alors que les délégations ont quitté le Pakistan, elles n'ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations. Le vice-président américain J.D. Vance a lancé avant de quitter Islamabad : « Nous repartons d'ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l'acceptent. »

Le front libanais et les négociations à venir

De son côté, Téhéran a imputé l'échec des négociations aux tentatives américaines de « dicter leurs conditions ». Le porte-parole de la diplomatie, Esmaeil Baqaei, a évoqué « une atmosphère de suspicion et de méfiance », ajoutant qu'« il était évident » qu'un accord ne pouvait être obtenu « en une seule session ».

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Sur le deuxième front principal de la guerre, au Liban, des pourparlers sont prévus mardi entre des représentants libanais et américains à Washington. Cette initiative a été rendue possible après le feu vert donné par Israël, sous pression américaine, à la tenue de négociations directes. Les autorités libanaises ont recensé 2 020 personnes tuées par les bombardements israéliens et les combats depuis que le pays a été entraîné dans la guerre le 2 mars par le Hezbollah pro-iranien. Ce dernier a rejeté toute négociation directe.

Après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, Israël a soutenu que le Liban, où il combat le mouvement chiite, n'était pas inclus dans l'accord. Au cours de sa première visite dans le sud du Liban depuis le début des hostilités, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a assuré que l'armée avait « contrecarré la menace d'une invasion » après avoir avancé en territoire libanais pour instaurer une zone dite de « sécurité ».