L'aéroport de Beyrouth persiste dans ses vols malgré les bombardements israéliens
Situé à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, régulièrement pilonnée par les frappes israéliennes, l'aéroport international Rafik Hariri n'a jamais cessé ses activités depuis le début du conflit régional. Alors que des panaches de fumée s'élèvent encore des zones voisines après les bombardements, les avions de la compagnie Middle East Airlines (MEA) continuent de décoller et d'atterrir sur ses pistes.
Une coordination internationale pour assurer la sécurité
Le maintien des opérations aériennes repose sur une évaluation permanente des risques basée sur des informations transmises par le gouvernement libanais, explique Mohammed Aziz, directeur de l'aviation civile. Ces informations proviennent principalement de l'ambassade des États-Unis et sont partagées avec les autorités libanaises pour garantir la sécurité de l'aéroport et de la route principale qui y mène.
Jeudi soir, Mohammed Aziz a reçu de nouvelles assurances que l'aéroport serait épargné par les frappes, malgré un avertissement israélien concernant le quartier populaire adjacent aux pistes. Un avion de la MEA a d'ailleurs atterri ce même jour vers 19 heures, et l'armée israélienne n'a finalement pas mis sa menace à exécution samedi.
Un trafic aérien considérablement réduit
Depuis que le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars, l'aéroport fonctionne au ralenti. Son trafic actuel représente seulement 40% du trafic normal, selon Mohammed Aziz. La plupart des compagnies aériennes étrangères ont suspendu leurs vols, et la MEA, seule compagnie à maintenir des liaisons, ne propose plus que trois vols quotidiens vers la Turquie, contre onze en temps normal.
Dans le hall des départs, à peine quelques dizaines de voyageurs se pressent, tandis que des bagagistes attendent assis sur des chariots vides. Des soldats en uniforme et des militaires en civil surveillent les entrées des terminaux.
Des couloirs aériens strictement séparés
Dans le ciel libanais, avions commerciaux, avions militaires israéliens et drones se croisent, mais sans risque d'incident selon un pilote de la MEA ayant requis l'anonymat. « On a des routes aériennes très spécifiques », explique-t-il, précisant que les transpondeurs des avions commerciaux sont allumés et que les Israéliens savent exactement où ils se trouvent.
Les drones et avions militaires israéliens volent généralement plus haut que les appareils commerciaux et sont visibles sur les radars. « Il n'y a aucune chance que les Israéliens fassent tomber un avion par accident », assure ce pilote, qui confirme que les Américains jouent un rôle crucial d'intermédiaire pour réguler le trafic et éviter tout incident.
Préparer l'après-guerre dès maintenant
Jalal Haidar, qui dirige les opérations de l'aéroport depuis deux mois, affirme que l'aéroport, ses environs et l'espace aérien sont sûrs. Ce Libano-Américain, ayant dirigé des aéroports aux États-Unis pendant des décennies, profite de la fréquentation réduite pour préparer l'après-guerre.
Les travaux entrepris avant le conflit se poursuivent, avec pour objectif d'accueillir jusqu'à 1,3 million de passagers supplémentaires d'ici 2026, dans un aéroport qui en reçoit habituellement 8 millions par an. « Nous sommes prêts à rester ouverts et opérationnels. Nous sommes également animés par notre volonté de maintenir le Liban connecté au reste du monde », conclut Jalal Haidar.
Une source diplomatique occidentale, ayant requis l'anonymat, confirme que les autorités libanaises travaillent sans relâche avec diverses missions diplomatiques pour assurer la sécurité de l'aéroport et transmettre les informations nécessaires à toutes les parties concernées.



