Arme sonique au Venezuela : l'hypothèse pas exclue par un général
Arme sonique au Venezuela : un général n'exclut pas l'hypothèse

Les jours qui ont suivi la capture de Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, une rumeur largement diffusée sur les réseaux affirme qu'une "arme sonique" aurait été utilisée lors de l'opération baptisée "Absolute Resolve". Son origine remonte à un témoignage non vérifié partagé en ligne et relayé par des responsables américains. De quoi parle-t-on ? L'utilisation d'une telle arme est-elle crédible ? Explications avec le général Jérôme Pellistrandi.

Une rumeur partie d'un tweet viral

Tout part d'un tweet du commentateur politique américain Mike Netter, qui cumule aujourd'hui près de 30 millions de vues. Dans sa publication, il propose la retranscription en anglais d'une vidéo en espagnol diffusée sur TikTok le 9 janvier dernier. On y entend un homme se présentant comme un membre des forces de sécurité vénézuéliennes et affirmant avoir participé à l'intervention.

L'individu raconte qu'au cours de l'opération menée à Caracas, "à un moment donné, ils ont lancé quelque chose. Je ne sais pas comment le décrire... C'était comme une onde sonore extrêmement intense". Et d'ajouter : "J'ai eu l'impression que ma tête explosait de l'intérieur. On s'est tous mis à saigner du nez. Certains vomissaient du sang. On est tombés au sol."

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Qu'est-ce qu'une "arme sonique" ?

Le terme d'"arme sonique" largement repris sur les réseaux sociaux depuis recouvre en réalité plusieurs catégories d'armes à énergie dirigée. Généralement, celles-ci sont présentées comme non létales et utilisées dans des contextes de maintien de l'ordre, à l'image des "dispositifs de harcèlement acoustique" tels que le canon à son LRAD (Long-range Acoustic Device) ou encore de l'Active Denial System (ADS). Ce dernier est utilisé par l'armée américaine pour disperser les foules et contrer certains types d'attaques terroristes, notamment les attentats-suicides, comme le rapporte le média spécialisé The War Zone.

L'avis du général Pellistrandi

Pour le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue Défense nationale, l'hypothèse de l'utilisation d'une arme sonique "n'est pas à exclure". "Cela fait de nombreuses années que les États-Unis, mais aussi d'autres pays, travaillent sur des armes utilisant les ultrasons", explique-t-il. Leur objectif serait de "neutraliser un adversaire potentiel" et de le "priver temporairement de ses capacités sensorielles sans le tuer".

Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, reconnaît que l'utilisation de ce type d'armes peut entraîner des effets secondaires. "En fonction de l'intensité et de la proximité avec la cible, l'usage d'ondes peut avoir des conséquences sur les personnes exposées", souligne-t-il.

Le syndrome de La Havane ravivé

Alors "arme sonique" ou simple rumeur ? L'affaire ravive le débat autour du mystérieux "syndrome de La Havane", qui aurait touché des diplomates américains et canadiens en poste à Cuba en 2016, leur provoquant migraines, vertiges et nausées. Selon CNN, à la fin du mandat de Joe Biden, le gouvernement américain aurait sollicité plusieurs millions de dollars pour acquérir un appareil soupçonné d'être à l'origine de ces troubles inexpliqués.

Le même jour que la publication de Mike Netter, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a relayé le témoignage de l'homme se présentant comme agent vénézuélien, avec ce commentaire : "Arrêtez ce que vous faites et lisez ceci...", accompagné de plusieurs drapeaux américains. En outre, le 20 janvier, lors d'un entretien accordé à la chaîne NewsNation, Donald Trump est allé plus loin, affirmant que les États-Unis avaient utilisé une arme "secrète", "que personne d'autre ne possède". "Nous avons des armes dont personne n'a connaissance. Et il vaut sans doute mieux ne pas en parler", a-t-il lancé.

Des déclarations spectaculaires, alors même qu'"aucune documentation formelle" n'existe à ce stade, rappelle le général Jérôme Pellistrandi.

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