Dans une analyse publiée par Le Monde le 7 juillet 2026, le politiste Ahmet Insel affirme que le régime du président turc Recep Tayyip Erdogan se dirige à grande vitesse vers un poutinisme aux couleurs de la Turquie. Selon lui, cette évolution se caractérise par une concentration du pouvoir, une répression accrue de l'opposition et une instrumentalisation de la justice.
Une dérive autoritaire accélérée
Insel souligne que depuis les élections de 2023, Erdogan a renforcé son emprise sur les institutions. Le nombre de journalistes emprisonnés en Turquie a atteint un record de 120 en 2025, selon Reporters sans frontières. Le politiste compare cette situation à la Russie de Vladimir Poutine, où les médias indépendants sont muselés et les opposants écartés.
Spécificités turques du modèle
Cependant, Insel note que le poutinisme turc conserve des particularités. « Erdogan utilise habilement le nationalisme et l'islam politique pour légitimer son pouvoir, contrairement à Poutine qui mise sur le patriotisme orthodoxe », explique-t-il. La mainmise sur l'économie, avec des conglomérats proches du pouvoir, rappelle aussi le capitalisme de copinage russe.
Conséquences pour la société turque
Cette dérive a des impacts concrets : l'inflation dépasse 80 % en 2026, et le chômage des jeunes atteint 30 %. La société civile est sous pression, avec des ONG contraintes de fermer. Insel prévient : « Si rien ne change, la Turquie pourrait devenir une autocratie consolidée d'ici 2030, avec des conséquences désastreuses pour les droits humains et la stabilité régionale. »



