En Suède, la coalition de droite et d'extrême droite au pouvoir a fait marche arrière sur un projet de loi controversé visant à expulser les jeunes majeurs délinquants. Cette mesure, qui devait s'appliquer aux jeunes âgés de 18 à 21 ans, a suscité de vives critiques de la part des associations de défense des droits de l'homme et de l'opposition.
Un projet de loi abandonné
Le gouvernement suédois, dirigé par le Premier ministre Ulf Kristersson, a annoncé l'abandon du projet de loi sur les expulsions de jeunes majeurs. Cette décision fait suite à une pression croissante de la société civile et des partenaires de la coalition. Le texte prévoyait l'expulsion des jeunes étrangers condamnés pour des délits, même s'ils avaient grandi en Suède.
Les critiques de l'opposition
L'opposition de gauche a salué ce recul, qualifiant le projet de "xénophobe" et "contraire aux valeurs suédoises". Les Verts et les Sociaux-démocrates ont dénoncé une mesure qui aurait créé une insécurité juridique pour des milliers de jeunes. Selon eux, ces expulsions auraient brisé des familles et stigmatisé des communautés entières.
Les divisions au sein de la coalition
La coalition, composée des Modérés, des Chrétiens-démocrates, des Libéraux et des Démocrates de Suède (extrême droite), était divisée sur cette question. Les Libéraux, plus modérés, ont exprimé leurs réserves, tandis que les Démocrates de Suède, parti anti-immigration, poussaient pour une application stricte. Finalement, le compromis a été trouvé en abandonnant la mesure.
Un contexte de durcissement migratoire
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, la coalition a multiplié les mesures restrictives en matière d'immigration et d'intégration. L'expulsion des jeunes majeurs faisait partie d'un paquet de lois visant à lutter contre la criminalité et à renforcer le contrôle migratoire. Cependant, ce recul montre les limites de la politique d'extrême droite au sein du gouvernement.
Réactions des associations
Les associations de défense des droits des migrants ont accueilli favorablement cette décision. "C'est une victoire pour les droits humains", a déclaré la porte-parole de l'Association suédoise pour les droits des migrants. "Expulser des jeunes qui ont grandi en Suède, c'est les punir deux fois : une fois par la justice, une fois par l'exil."
Quelles conséquences pour la coalition ?
Ce recul pourrait fragiliser la coalition, déjà affaiblie par des dissensions internes sur d'autres sujets. Les Démocrates de Suède ont exprimé leur mécontentement, mais ont accepté le compromis pour éviter une crise gouvernementale. Les analystes estiment que cette décision pourrait renforcer les tensions avant les prochaines élections législatives, prévues en 2026.
En conclusion, l'abandon du projet d'expulsion des jeunes majeurs en Suède marque un tournant dans la politique migratoire du pays. Si la coalition reste déterminée à durcir les règles, elle doit composer avec les réalités politiques et sociales d'un pays attaché aux droits de l'homme.



