Le Mozambique traverse une période particulièrement tumultueuse, où l’État se retrouve coincé entre deux feux : les attaques jihadistes dans la province septentrionale de Cabo Delgado et une opposition politique de plus en plus déterminée à contester le pouvoir en place. Cette double pression fragilise un équilibre déjà précaire dans ce pays d’Afrique australe.
Une insurrection jihadiste persistante
Depuis 2017, le groupe Ansar al-Sunna, lié à l’État islamique, mène une insurrection meurtrière dans le nord du Mozambique. Les violences ont déjà causé la mort de milliers de personnes et déplacé près d’un million de civils. Malgré l’intervention de forces régionales et internationales, les jihadistes continuent de multiplier les attaques, ciblant villages, infrastructures et forces de sécurité. L’armée mozambicaine, souvent critiquée pour son manque de moyens et de coordination, peine à endiguer cette menace.
L’opposition politique monte en puissance
Parallèlement, la scène politique mozambicaine est secouée par une opposition de plus en plus audible. Le principal parti d’opposition, la Renamo, ainsi que d’autres formations critiques, dénoncent régulièrement les dérives autoritaires du gouvernement du président Filipe Nyusi. Les accusations de corruption, de mauvaise gestion et de violations des droits de l’homme alimentent un climat de défiance. Les manifestations se multiplient, parfois réprimées dans la violence, creusant un fossé entre le pouvoir et une partie de la population.
Une économie sous pression
Cette instabilité politique et sécuritaire a un coût économique élevé. Le Mozambique, qui mise sur ses ressources naturelles (gaz, charbon) pour se développer, voit ses projets d’investissement freinés par l’insécurité. Les compagnies étrangères, notamment dans le secteur gazier, hésitent à poursuivre leurs opérations dans un contexte si volatile. Par ailleurs, la pandémie de Covid-19 a aggravé les difficultés, plongeant davantage de familles dans la pauvreté.
Un État contesté sur tous les fronts
Face à cette double pression, l’État mozambicain semble perdre pied. Incapable de garantir la sécurité dans le nord, il doit aussi composer avec une opposition qui remet en cause sa légitimité. Les prochaines élections, prévues en 2024, s’annoncent comme un test crucial pour la démocratie mozambicaine. Entre jihadisme et fronde politique, le pays cherche une voie difficile pour retrouver la stabilité.



