Les auteurs de l'assassinat de Mehdi Kessaci, survenu en novembre dernier à Marseille, visaient en réalité son frère, Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic. Selon des sources proches du dossier, les tueurs se sont « trompés de cible », une information confirmée par le journal « Le Monde ».
Une erreur d'identification au cœur de l'enquête
« C'est une certitude pour les enquêteurs », a insisté une source, expliquant que l'erreur provenait d'un numéro de téléphone attribué à Amine Kessaci mais utilisé par son jeune frère Mehdi. Ce numéro avait été communiqué par les commanditaires, non encore identifiés formellement, à l'équipe chargée de l'assassinat. Le 21 avril, une autre source avait évoqué cette piste parmi d'autres, sans la privilégier. Depuis, les enquêteurs, qui attribuent ce meurtre à la DZ Mafia, un gang marseillais de narcotrafiquants, ont consolidé cette hypothèse.
Les faits et les suites judiciaires
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, 20 ans, totalement étranger au trafic, a été abattu de plusieurs balles en plein après-midi dans une rue de Marseille. Ce meurtre a provoqué une onde de choc, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez dénonçant un crime d'intimidation, « un véritable point de bascule ». L'exécutif, dont le président Emmanuel Macron, a également réagi.
Quatre mois après, dix personnes (huit hommes et deux femmes) ont été arrêtées mi-mars dans la région marseillaise et dans l'Hérault, soupçonnées d'avoir participé à la logistique de l'assassinat. Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), créé en janvier, est en charge du dossier.
Un contexte familial déjà endeuillé
La famille Kessaci avait déjà été frappée en 2020 par la mort du grand frère Brahim Kessaci, impliqué dans le trafic, dont le corps avait été retrouvé carbonisé. Amine Oualane, dit Mamine, chef présumé de la DZ Mafia actuellement en prison, doit être jugé cet automne pour ce meurtre. Il est également une piste étudiée dans l'assassinat de Mehdi Kessaci.
Selon « Le Monde », le contrat pour ce meurtre était de « 100 000 euros pour le tireur ». Une source proche évoque « l'ordre de grandeur » sans confirmer le montant. Le quotidien mentionne deux équipes « en concurrence » pour exécuter le contrat, ce que les sources n'ont pas confirmé. Les avocats d'Amine Kessaci ont porté plainte pour violation du secret de l'instruction suite à cet article.
Le narcobanditisme a causé 17 morts en 2025 à Marseille, en baisse par rapport à 2024 (24 morts) et au record de 2023 (49 morts) lié à une guerre des gangs pour le contrôle des points de deal dans les Bouches-du-Rhône.



