La violence des gangs armés continue de semer la terreur à Port-au-Prince, la capitale haïtienne. Selon un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 5 000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile en seulement trois jours, entre le 11 et le 13 mai 2026. Ces déplacements massifs surviennent dans un contexte de tensions extrêmes, où les gangs rivalisent pour le contrôle des quartiers stratégiques de la ville.
Une escalade de la violence
Les affrontements entre groupes criminels ont particulièrement touché les quartiers de Cité Soleil, Delmas et Pétion-Ville. Les habitants, pris pour cible ou menacés, ont dû abandonner leurs maisons dans l'urgence, emportant seulement quelques effets personnels. Beaucoup ont trouvé refuge dans des écoles, des églises ou chez des proches, mais les conditions d'accueil restent précaires.
Des besoins humanitaires urgents
Les déplacés, parmi lesquels de nombreux enfants et personnes âgées, manquent de nourriture, d'eau potable et de soins médicaux. Des organisations humanitaires, dont Médecins Sans Frontières et la Croix-Rouge, tentent d'apporter une aide d'urgence, mais l'insécurité limite leur accès aux zones les plus touchées. L'OIM appelle à une mobilisation internationale pour répondre aux besoins croissants.
Cette nouvelle vague de violence intervient alors que Haïti est déjà confronté à une crise politique et économique profonde. Le gouvernement, fragilisé, peine à rétablir l'ordre et à protéger les citoyens. Les Nations unies ont condamné ces actes et exhorté les autorités à agir rapidement pour éviter une catastrophe humanitaire.
Un exode forcé
Les témoignages recueillis par les équipes de l'OIM décrivent des scènes de panique et de désespoir. « Nous avons tout laissé derrière nous, nos meubles, nos souvenirs. L'important était de sauver nos vies », raconte une mère de famille réfugiée dans une église du centre-ville. Beaucoup ignorent quand ils pourront rentrer chez eux, si tant est que leurs maisons soient encore debout.
Les déplacements massifs aggravent la pression sur les infrastructures déjà saturées de la capitale. Les centres d'accueil temporaires manquent de lits, de couvertures et de produits d'hygiène. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés aux risques de malnutrition et de maladies.
L'inaction des autorités
La population critique vivement l'incapacité des forces de l'ordre à endiguer la violence. Les policiers, souvent dépassés et mal équipés, ne parviennent pas à sécuriser les quartiers. Des appels à l'envoi d'une force internationale se multiplient, mais la communauté internationale reste prudente, craignant de s'engager dans un conflit complexe.
En attendant, les habitants de Port-au-Prince vivent dans la peur constante des balles perdues et des raids des gangs. Les écoles et les commerces ferment plus tôt, et les déplacements sont devenus un risque quotidien. La situation humanitaire se dégrade de jour en jour, et sans une intervention rapide, le nombre de déplacés pourrait encore augmenter.



