L'épidémie de hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius a débuté avec un couple de Néerlandais âgés de 69 et 70 ans. Partis d'Ushuaia, la ville la plus australe d'Argentine, ils ont embarqué après un séjour de quelques jours dans le pays. C'est durant cette période que l'un d'eux aurait contracté le virus des Andes, le seul hantavirus capable de se transmettre entre humains. Une fois à bord, le virus s'est propagé, provoquant une crise sanitaire.
Le virus des Andes : un hantavirus à transmission interhumaine
Le virus des Andes avait déjà causé plusieurs foyers épidémiques, dont une épidémie en Argentine entre 2018 et 2019, documentée dans le New England Journal of Medicine en décembre 2020. Lors d'un rassemblement d'une centaine de personnes, 34 ont été infectées, toutes symptomatiques. Plus de la moitié ont développé des formes graves nécessitant des soins intensifs et une ventilation assistée. La durée d'incubation varie de 8 à 40 jours, voire plus. Les symptômes incluent une infection respiratoire sévère, avec une détresse respiratoire aiguë dans les cas graves. La létalité atteint 32 %, bien supérieure à celle de la grippe (0,1 %), du Covid-19 avant vaccins (environ 1 %) ou du SRAS (10-15 %). Seul Ebola a une létalité comparable (25-70 %).
Des inconnues persistantes
Malgré les progrès, plusieurs questions demeurent. Comment le couple index s'est-il contaminé ? Par contact avec des rats ou des personnes infectées en Argentine ? Une enquête est en cours. La contagiosité pendant la période d'incubation reste inconnue. Contrairement au SARS-CoV-2, le virus du SRAS n'était pas contagieux avant les symptômes. Le séquençage complet de la souche virale à bord est en cours pour détecter d'éventuelles mutations significatives.
Scénarios possibles
Le scénario optimiste serait un contrôle rapide grâce à la quarantaine, sans nouveaux cas. Le scénario pessimiste envisage une propagation incontrôlée. Un scénario intermédiaire, similaire au SRAS de 2003, est plausible : la maladie bruyante facilite la détection et l'isolement des patients. Le scénario du Covid-19, bien que redouté, est moins probable car le virus des Andes est connu depuis 1995 et n'a jamais quitté le continent américain. Un candidat vaccin existe déjà.
Coordination internationale et incertitudes
L'OMS a rapidement coordonné la réponse internationale. Les autorités sanitaires appliquent un principe de précaution face à un agent très virulent, transmissible, sans traitement spécifique ni vaccin homologué. L'angoisse est palpable à bord parmi l'équipage et les passagers en quarantaine. Espérons que l'expertise mobilisée permettra de résoudre cette crise et d'éviter une propagation plus large.



