La correspondante du journal La Croix en Éthiopie a été expulsée du pays, a annoncé le quotidien catholique samedi 12 juin. La journaliste, de nationalité française, avait réalisé un reportage dans la région du Tigré, théâtre d'un conflit meurtrier entre les forces gouvernementales et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Un reportage jugé sensible
Selon les informations recueillies, la journaliste a été interpellée à son hôtel à Addis-Abeba avant d'être conduite à l'aéroport et expulsée vers la France. Les autorités éthiopiennes n'ont pas officiellement communiqué sur les raisons de cette expulsion. Cependant, il est probable que le reportage sur la situation humanitaire désastreuse au Tigré ait été mal perçu par le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.
Contexte de répression médiatique
Cette expulsion s'inscrit dans un contexte de durcissement du contrôle des médias en Éthiopie. Depuis le début du conflit au Tigré en novembre 2020, plusieurs journalistes étrangers ont été expulsés ou empêchés d'accéder à la région. Les autorités éthiopiennes accusent régulièrement les médias internationaux de partialité et de diffuser des informations inexactes.
Le journal La Croix a exprimé sa vive préoccupation face à cette expulsion et a demandé des éclaircissements auprès des autorités éthiopiennes. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a également condamné cette mesure, rappelant que l'accès à l'information est essentiel en période de conflit.
Situation humanitaire critique au Tigré
La région du Tigré est en proie à une grave crise humanitaire, avec des millions de personnes déplacées et une famine imminente. Les forces gouvernementales éthiopiennes, alliées à des milices régionales et à l'armée érythréenne, sont accusées de violations des droits de l'homme, notamment de violences sexuelles et de massacres de civils. Le gouvernement éthiopien rejette ces accusations et accuse les rebelles du TPLF d'être responsables de la crise.
L'expulsion de la correspondante de La Croix soulève des inquiétudes sur la liberté de la presse en Éthiopie, alors que le pays est confronté à l'un des conflits les plus meurtriers au monde.



