L'Organisation des Nations unies (ONU) a lancé un cri d'alarme concernant la lutte contre le VIH, menacée par une diminution significative de l'aide internationale. Dans un rapport publié ce jeudi, l'ONU souligne que les financements alloués à la prévention et au traitement du VIH ont chuté de manière préoccupante, mettant en péril les progrès réalisés au cours des dernières décennies.
Une baisse inquiétante des financements
Selon le rapport, l'aide internationale destinée à la lutte contre le VIH a diminué de 10 % en 2025 par rapport à l'année précédente, atteignant son niveau le plus bas depuis 2013. Cette tendance à la baisse s'explique par plusieurs facteurs, notamment la réorientation des priorités des donateurs vers d'autres crises sanitaires mondiales, comme la pandémie de Covid-19, et une certaine fatigue des bailleurs de fonds face à une maladie qui dure depuis des décennies.
Les conséquences de cette baisse sont déjà visibles dans plusieurs pays à revenu faible ou intermédiaire, où les programmes de prévention et de traitement peinent à maintenir leur couverture. L'ONU estime que si cette tendance se poursuit, le nombre de nouvelles infections pourrait augmenter de 30 % d'ici 2030, et le nombre de décès liés au sida pourrait doubler.
Des progrès menacés
La lutte contre le VIH a connu des avancées majeures ces dernières années. Le nombre de nouvelles infections a diminué de 40 % depuis le pic de 1996, et le nombre de décès liés au sida a chuté de 60 % depuis 2004. Grâce à l'accès aux traitements antirétroviraux, des millions de personnes vivant avec le VIH peuvent mener une vie normale.
Cependant, ces progrès sont fragiles et dépendent largement du maintien des financements internationaux. L'ONU rappelle que 38 millions de personnes vivent actuellement avec le VIH dans le monde, et que près de 10 millions d'entre elles n'ont toujours pas accès aux traitements. Sans un engagement financier renouvelé, les objectifs de l'ONU de mettre fin à l'épidémie de sida d'ici 2030 semblent compromis.
Un appel à la mobilisation
Face à cette situation alarmante, l'ONU appelle les gouvernements et les organisations internationales à augmenter leurs contributions. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré : « Nous ne pouvons pas laisser la lutte contre le VIH s'effondrer. Chaque vie sauvée est une victoire, mais chaque infection évitable est une défaite collective. »
L'organisation insiste sur la nécessité de diversifier les sources de financement et d'impliquer davantage le secteur privé. Elle encourage également les pays à investir dans des systèmes de santé résilients, capables de répondre à la fois au VIH et à d'autres menaces sanitaires.
En France, plusieurs associations de lutte contre le sida ont relayé l'alerte de l'ONU. Elles appellent le gouvernement à maintenir son engagement financier et à plaider pour une solidarité internationale renforcée. La lutte contre le VIH est un combat de long terme qui nécessite une volonté politique et des ressources durables.



