Haut-Karabakh : les déplacés arméniens abandonnés et désabusés
Déplacés du Haut-Karabakh : abandon et désillusion

Une vie suspendue dans l'attente

Dans les rues de Goris, petite ville du sud de l'Arménie, des familles entières errent sans but. Venus du Haut-Karabakh, ces déplacés ont fui les combats de l'automne 2020, laissant derrière eux maisons et souvenirs. Aujourd'hui, ils se sentent oubliés. « On fait comme on peut pour se reconstruire, mais ici, personne ne nous attendait », confie Anna, 34 ans, mère de trois enfants, installée dans un centre d'accueil précaire.

Un accueil humanitaire insuffisant

Les organisations internationales ont rapidement mis en place une aide d'urgence, mais celle-ci s'épuise. Les logements temporaires sont vétustes, les emplois rares. « Les promesses de logement permanent ne se concrétisent pas », déplore Hovhannes, un menuisier de 45 ans. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, plus de 90 000 personnes ont été déplacées. Pourtant, moins de 10 % d'entre elles ont trouvé un toit durable.

Un sentiment d'abandon croissant

Le gouvernement arménien, submergé par la crise économique, peine à intégrer ces populations. Les déplacés dénoncent un manque de transparence dans l'attribution des aides. « On nous donne des miettes, mais nous voulons une vraie perspective », s'indigne Sarkis, ancien enseignant. La lassitude gagne du terrain, alimentant un sentiment de désabusement. « Nous avons perdu notre terre, et maintenant nous perdons notre dignité », ajoute-t-il.

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Des initiatives locales pour survivre

Face à l'inertie des institutions, des solidarités locales émergent. Des bénévoles organisent des cours pour les enfants, des distributions de vêtements et de nourriture. « On fait ce qu'on peut, mais c'est insuffisant », témoigne Lilit, une habitante de Goris. Les déplacés tentent de se reconstruire, mais l'avenir reste incertain. « Nous voulons rentrer chez nous, mais c'est impossible. Alors nous attendons, sans savoir de quoi demain sera fait », conclut Anna, le regard vide.

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