Jan Brueghel l'Ancien dépeint une chauve-souris dévorant un oiseau en 1620
Brueghel l'Ancien peint une chauve-souris dévorant un oiseau

Une étude publiée dans la revue Mammalian Biology révèle que le peintre flamand Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625) a représenté avec une précision étonnante une chauve-souris dévorant un oiseau dans son tableau Étude de chauve-souris, de papillon et de sauterelle, daté de 1620. Cette scène de prédation n'a été documentée scientifiquement qu'en 2020, soit quatre siècles plus tard.

Une observation naturaliste avant l'heure

Le tableau, conservé au musée des Beaux-Arts de Lille, montre une chauve-souris de l'espèce Nyctalus noctula (noctule commune) tenant dans sa gueule un oiseau, probablement un pouillot véloce (Phylloscopus collybita). Selon les chercheurs, cette représentation est si détaillée qu'elle ne peut être le fruit du hasard. « Brueghel a dû observer ce comportement dans la nature », explique le biologiste Marco Colombo, co-auteur de l'étude. « Il était connu pour son souci du détail et ses études naturalistes. »

Une prédation rare documentée tardivement

La prédation d'oiseaux par des chauves-souris est un phénomène extrêmement rare. La première observation scientifique confirmée date de 2020, lorsqu'une équipe de chercheurs a filmé une noctule commune attrapant et dévorant un passereau en vol. Depuis, seuls quelques cas ont été rapportés, notamment en Europe et en Asie. « Le tableau de Brueghel est donc une preuve historique que ce comportement existait bien avant d'être reconnu par la science », souligne Colombo.

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Les détails du tableau confirment l'hypothèse

L'analyse du tableau révèle plusieurs éléments concordants : la chauve-souris est représentée en vol, la tête tournée vers le bas, tenant l'oiseau par le corps. Les ailes de l'oiseau sont déployées, ce qui suggère une capture en plein vol. De plus, la noctule commune est une espèce de grande taille, capable de s'attaquer à de petits oiseaux. « La précision anatomique des deux animaux est remarquable », ajoute la biologiste Anne-Claire Fabre, co-autrice de l'étude. « Brueghel a même représenté les dents de la chauve-souris, ce qui est rare dans l'art de l'époque. »

Un peintre naturaliste précurseur

Jan Brueghel l'Ancien, surnommé « Brueghel de Velours », était réputé pour ses natures mortes et ses paysages peuplés d'animaux. Il collaborait souvent avec d'autres artistes, comme Pierre Paul Rubens, pour ajouter des détails naturalistes à leurs œuvres. Cette découverte s'inscrit dans une série d'études récentes qui montrent que des artistes anciens ont parfois anticipé des découvertes scientifiques. « Cela nous rappelle que l'art peut être une source précieuse de données pour la science », conclut Fabre.

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