La présence de fongicide dans les sols d'un terrain contraint la municipalité à engager un chantier de dépollution et à relancer un appel à projet pour la réalisation d'une cinquantaine d'habitations. La concrétisation du projet de construction d'une cinquantaine de logements derrière la nouvelle maison de santé prendra plus de temps que prévu. En effet, alors que le dossier était en passe d'être bouclé, une étude des sols a révélé que le taux de cuivre est bien au-delà de la limite autorisée.
Un projet immobilier compromis par la pollution
L'affaire semblait pourtant entendue : le promoteur immobilier Novalys devait acheter le terrain de 8 000 m2 à la municipalité pour 800 000 euros, suite à un appel à projet. Le bailleur social Habitat 17 était également partenaire de l'opération, prévoyant une partie de logements en locatif social et d'autres en bail réel solidaire (BRS), dispositif réservé au logement à l'année. Mais, les analyses ont montré une pollution du sol. Ce terrain a longtemps eu une vocation agricole et l'usage de la bouillie bordelaise y a fait monter le taux de cuivre. Ce fongicide de synthèse, fabriqué à base de sulfate de cuivre et d'oxyde de calcium (chaux), est utilisé de longue date pour protéger la vigne. Il est donc absolument nécessaire de dépolluer le site en excavant la terre sur un mètre de profondeur, puis de remblayer avec de la terre saine. Une opération dont le coût est estimé à 200 000 euros.
Une charge assumée par la municipalité
Le maire, Thibault Brechkoff, explique la position de la commune : « au regard de ce vice sur le terrain, la municipalité entend assumer la charge et réduire alors le gain espéré de l'opération. En effet, en l'état actuel, le terrain fait toujours l'objet d'une promesse de vente mais le promoteur n'est pas propriétaire ». S'il souhaitait initialement poursuivre le projet avec le promoteur désigné après dépollution, il a finalement été décidé, après débat en Conseil municipal, de relancer un appel à projet. « Cette décision ralentit le projet, mais assure la sécurité juridique du dossier. Nous devons faire notre maximum pour faire sortir ce projet de terre. Sur le fond, tout est convenu : les aménagements, les typologies de logements, les espaces publics. Ce sont les rebondissements qui nous ralentissent mais que nous surmonteront les uns après les autres ! ».



