Sinay : la start-up normande qui transforme les données maritimes en outil de protection des océans
Sinay : start-up normande au service de la protection des océans

La start-up normande Sinay, fondée en 2008 par Yanis Souami, était invitée au Blue Economy & Finance Forum au Grimaldi Forum de Monaco pour présenter son travail de collecte et de redistribution de données maritimes. Basée à Caen, elle revendique un lien fort avec la Principauté : « Tout a commencé ici à Monaco parce que quand j’étais petit, je venais chaque été au Musée océanographique avec mes parents et ces visites m’ont passionné pour la vie marine », retrace le fondateur.

Un constat de départ : le manque de données en mer

Yanis Souami explique avoir vite réalisé que les industries maritimes (pêche, éolien offshore, fret) partagent un espace commun – les océans – mais manquent d’informations pour prendre des décisions éclairées. « Toutes ces industries ont besoin d’informations pour prendre des décisions. Sauf que ces informations sont manquantes car les données n’existent tout simplement pas. Il faut aller les collecter en mer, sur le terrain. Parfois elles existent mais elles sont éparpillées dans plein de bases de données donc il faut être capable de les rassembler », détaille-t-il.

Face à ce constat, Sinay a développé une offre à trois niveaux, intégrant intelligence artificielle pour traiter et optimiser les données brutes.

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Collecte inédite via capteurs acoustiques et vidéo

Premièrement, Sinay déploie des bouées acoustiques équipées d’une puce IA. « Sur un chantier offshore, celui-ci va générer du bruit qui a un impact sur la vie sous-marine. Chez Sinay, nous avons des bouées qu’on déploie en mer. À l’intérieur, on a un petit ordinateur avec une puce qui comporte de l’intelligence artificielle et qui va détecter les sons émis par les espèces marines ainsi que les bruits qui émanent du chantier et envoyer directement une alerte SMS au chef de chantier pour prendre des mesures afin d’éviter des nuisances sur la faune marine », précise Yanis Souami.

Sinay exploite également des données vidéo : « On utilise des images qu’on capte par avion en survol pour détecter des oiseaux ou mammifères marins par exemple dans une zone avec la construction d’un parc éolien ou pour faire des recensements. Même chose avec des caméras installées sur des navires de pêche. »

Rassemblement et diffusion sur-mesure

Deuxièmement, la start-up rassemble des données mondiales – position de navires, de parcs éoliens – à partir de bases publiques ou privées qu’elle acquiert. Troisièmement, elle adapte la diffusion au client : « Un pêcheur va préférer lire un rapport en buvant son café dans son bateau, un chef de chantier va vouloir recevoir un SMS s’il dépasse un certain seuil de nuisance sonore. En clair, on distribue l’information de manière différente et sous le meilleur format selon l’utilisation du client », insiste le fondateur.

Avec 120 employés basés en Normandie, Sinay sert environ 250 clients dans le monde, majoritairement en Europe et en France. Sa base de données atteint 1 200 térabits. « On est capable de traiter 500 heures de vidéo par jour, 200 heures de fichiers acoustiques, 2 millions de positions de navire », conclut Yanis Souami.

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