Romuald Masson vient de créer Acéa Mobility, une société qui finance et installe des bornes de recharge électrique directement dans les entreprises. Un modèle inédit qu'il espère développer très rapidement sur le territoire montpelliérain et au-delà.
Un constat favorable
Le plein d'essence toujours plus cher, des entreprises poussées vers l'électrique, des salariés de plus en plus équipés de véhicules hybrides ou zéro émission… Pour Romuald Masson, tous les signaux sont au vert. À 43 ans, le dirigeant d'Acéa Énergies, spécialiste dans les solutions en photovoltaïque, installé à Vailhauquès, vient de lancer une nouvelle société : Acéa Mobility.
Une idée simple et pourtant très peu développée : installer à ses frais des bornes de recharge électrique dans les entreprises. Un modèle économique qu'il estime "dans le sens de l'histoire" d'autant que les crises successives autour du pétrole et du gaz montrent que le modèle autour des énergies fossiles est de plus en plus fragile.
Pourquoi les entreprises hésitent-elles encore à s'équiper ?
Le principe repose sur un système de tiers-investisseur : l'entreprise cliente ne finance pas les bornes. C'est Acéa Mobility qui prend en charge l'installation, les équipements et le suivi technique. En échange, la société utilisatrice met à disposition son parking et souscrit le raccordement électrique nécessaire.
"Beaucoup d'entreprises savent qu'elles vont devoir s'équiper, mais elles hésitent à sortir plusieurs dizaines de milliers d'euros", résume Romuald Masson. "Nous, on enlève cette barrière-là." Car le marché progresse vite. Entre les obligations imposées par la loi d'orientation des mobilités (LOM), les avantages fiscaux accordés aux flottes électriques et la hausse continue des carburants, les entreprises accélèrent leur transition. Mais les infrastructures, elles, peinent encore à suivre.
Un audit personnalisé
Avant chaque installation, Acéa Mobility réalise un audit afin d'évaluer les usages réels : nombre de véhicules électriques, habitudes des salariés, besoins de recharge rapide ou lente. "Une flotte qui dort la nuit n'a pas besoin des mêmes équipements qu'une équipe de commerciaux qui passe régulièrement au bureau", explique l'entrepreneur. Le modèle repose ensuite sur des contrats de sept ans, avec une rémunération calculée sur l'utilisation des bornes.
Un système que Romuald Masson juge gagnant-gagnant : "L'entreprise transforme un gros investissement en simple charge de fonctionnement."
"La recharge électrique va devenir incontournable"
Pour ce travailleur infatigable, cette nouvelle société s'inscrit dans une logique de long terme. "Le marché des bornes de recharge est directement corrélé à celui des énergies renouvelables, donc je le suis de près depuis longtemps", confie-t-il. Avant de s'étonner lui-même que personne n'ait encore développé ce modèle à grande échelle.
Derrière ce lancement, il y a aussi une ambition régionale, voire davantage. Acéa Mobility vise d'abord le marché montpelliérain et sa première couronne, avec un objectif affiché : installer 200 points de charge d'ici la fin de l'année. Puis étendre progressivement le modèle à l'ensemble de l'Occitanie.
"Aujourd'hui, on peut attaquer un chantier demain matin", assure l'entrepreneur, qui travaille déjà avec des fabricants espagnols et belges pour sécuriser ses équipements. Car Romuald Masson sait que ce nouveau marché est promis à un essor massif : "On sait que la recharge électrique va devenir incontournable. La question, maintenant, c'est surtout de savoir qui prendra de l'avance."



