Avec les températures qui grimpent, les plages basques vont être prises d'assaut alors que la surveillance de l'ensemble du littoral n'est pas encore assurée. Les sauveteurs côtiers sont sur le pont, mais un baigneur averti en vaut deux. Rencontre avec l'équipe de Marinella à Anglet.
Un week-end à rallonge sous le soleil
Un week-end à rallonge, des températures frisant les 30 degrés : à compter de ce 22 mai, nul doute que le littoral basque va connaître une forte affluence. Si la météo rayonnante invite à sortir sa panoplie estivale, il faudra être prudent en bord d'océan. Deux facteurs convergent : une alerte maximale aux baïnes qui court jusqu'à vendredi soir et, fait notable, la surveillance des plages qui n'est pas encore assurée sur l'ensemble des sites.
Une surveillance partielle sur la côte
À Anglet, par exemple, seule Marinella bénéficie d'un poste avec ses sauveteurs côtiers qui veillent de midi à 18 heures, depuis le 4 avril. Un cas loin d'être isolé : que ce soit à Hendaye, Saint-Jean-de-Luz, Ciboure ou encore Bidart, seules les plages très fréquentées font l'objet d'une surveillance accrue. Biarritz a misé sur des veilles océanes sur l'ensemble de son front de mer, hors le Port-Vieux, quand Guéthary ne déploiera les grands moyens qu'à partir du 1er juillet. Et aucun renfort n'est prévu pour ce week-end de mai à la météo exceptionnelle.
À Marinella, l'afflux est en hausse
Côté Marinella, « depuis deux-trois jours, l'afflux est en hausse. Aujourd'hui, c'est la plus grosse fréquentation qu'on ait eue depuis Pâques », relève Cédric Lagier, chef de poste adjoint, sous un soleil de plomb. Lui et son équipe sont déjà en alerte ce jeudi 21 mai. Coups de sifflet pour rappeler à l'ordre les baigneurs qui dépassent la zone de surveillance délimitée par des drapeaux jaune et rouge. Avec une eau à 17 degrés, alors que les 30 degrés enflamment les corps, les sauveteurs côtiers savent la journée à risque, notamment en termes d'hypothermie.
Intervention rapide pour une baigneuse emportée
Si Marinella est la zone officielle de surveillance, la cohorte est amenée à intervenir ailleurs en cas de pépin. « Les vigies océanes assurent une veille toute la journée, explique Cédric Lagier. Elles peuvent à tout moment déclencher une intervention sur les plages voisines », à savoir les Sables d'or, les Corsaires jusqu'à la Madrague. Par ailleurs, « chaque poste de secours sur nos plages est équipé de borne jaune avec un bouton d'urgence directement connecté à nos téléphones ».
Le cas concret se présente aux alentours de 16 heures. L'alerte vient des Sables d'or. Une jeune fille a été emportée par le courant de digue et, en très peu de temps, s'est retrouvée au large côté Marinella. Pas une minute à perdre. Deux sauveteurs grimpent dans le 4x4 garé au pied du poste de secours et filent tout droit dans l'eau pour sortir l'adolescente de l'ornière, à plus de 100 mètres du rivage. « Il y a un delta de temps pour que l'on arrive, heureusement, elle a été aidée par deux profs de surf. »
Des conseils de prudence
Au vu des dangers du jour, l'équipe décide de sortir le jet-ski pour faire un tour aux Sables d'or, noir de monde, afin de lancer un avertissement et éviter un nouvel incident. La veille, les valeureux avaient sorti six surfeurs de l'eau, entraînés à 200 mètres au large et incapables de revenir sur la terre ferme, avec des vagues hautes de 2,50 mètres. Conclusion : ne pas sous-estimer l'océan, ne pas surestimer ses capacités, le bon mantra pour ne pas surchauffer les sauveteurs côtiers en poste ce week-end où printemps rime avec été.
Envie d'une baignade sans danger ? Voici les recommandations de Cédric Lagier. En premier lieu, écouter les conseils des sauveteurs côtiers et bien respecter les zones de bain, pour les baigneurs comme les surfeurs. Il s'agit aussi de ne pas présumer de ses forces, en s'aventurant au-delà de ce que l'on est en capacité de faire. Par les fortes chaleurs, le sauveteur côtier engage à s'hydrater, notamment les enfants en bas âge et les personnes âgées. Enfin, si un baigneur est pris dans une baïne, « rester calme, ne pas lutter contre le courant et faire signe en direction de la plage pour montrer qu'on est en difficulté. Il faut savoir que dans ce cas, on dérive très vite, soit quelque 20 mètres en 30 secondes ». Mot d'ordre, donc : pas de panique. Un sauveteur, voire un surfeur, n'est jamais loin.



