Éolien flottant : la filière exige une accélération industrielle depuis Montpellier
Éolien flottant : pression sur l'État pour une phase industrielle

Éolien flottant : un sommet mondial pour exiger une accélération industrielle

Le sommet mondial FOWT, qui rassemble experts, industriels, chercheurs et institutionnels, s'est tenu cette semaine à Montpellier. L'événement a été marqué par un appel pressant des acteurs de la filière naissante de l'éolien offshore flottant pour que l'État français accélère le passage à une phase industrielle, après des années d'expérimentation.

Une attente forte envers le gouvernement

Le Premier ministre Sébastien Lecornu était attendu à Montpellier, espéré même par les professionnels. Ils souhaitaient des annonces cruciales pour transformer les parcs pilotes en projets industriels à grande échelle. Trois parcs pilotes ont été installés en Méditerranée, dont deux en Occitanie, au large de l'Aude. Le premier, connecté au réseau début 2026, doit alimenter 50 000 personnes en électricité.

Daniel Cueff, vice-président de la Région Bretagne, a lancé un avertissement en ouverture du sommet : "En 2010, le moratoire de Nathalie Kosciusko-Morizet sur le photovoltaïque avait effondré la filière. Il faut le garder en tête, car si l'État ne se décide pas sur l'éolien flottant alors qu'il y a urgence à décarboner, ce sera de fait un moratoire de trois ans, avec les mêmes conséquences."

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Des demandes concrètes pour sécuriser l'avenir

Les élus régionaux de Bretagne, Sud, Pays de la Loire et Occitanie ont uni leurs voix pour exercer une pression sur l'État. Didier Codorniou, responsable du dossier pour la Région Occitanie, a précisé les besoins :

  • Lancer de nouveaux appels d'offres pour les extensions des futurs parcs éoliens en Atlantique et Méditerranée
  • Publier le cahier des charges sur la construction des flotteurs et des turbines
  • Accélérer les procédures administratives

"La filière veut être rassurée et sentir une vision politique et stratégique sur les dix-quinze prochaines années", a-t-il insisté.

Des ambitions régionales et nationales

La programmation pluriannuelle de l'énergie, enfin publiée après des mois de tergiversations, conforte les objectifs nationaux. La France vise 45 GW d'éolien en mer d'ici 2050, dont plus de 2 GW pourraient provenir du golfe du Lion. Une première ferme commerciale avec 80 éoliennes est prévue pour une puissance de 500 MW.

Didier Codorniou a souligné l'impact économique : "Cela représente, rien que sur Port-la-Nouvelle, un potentiel de 3 500 emplois, des nouveaux métiers liés à la croissance bleue. C'est considérable." La Région Occitanie a investi dans ses ports, notamment Sète et Port-la-Nouvelle, pour soutenir cette filière.

Un savoir-faire français à préserver

Les participants ont mis en avant le savoir-faire français et européen, confirmé par des études détaillées. Ces recherches ont démontré que les éoliennes flottantes n'ont pas d'impact négatif sur la biodiversité marine ou la pêche. Si la phase de démonstration a été coûteuse, le passage à l'échelle industrielle devrait réduire les coûts, comme l'ont partagé les acteurs industriels présents à Montpellier.

Reste désormais à l'État de lever les freins administratifs pour permettre à la filière de passer à la vitesse supérieure et de ne pas se faire doubler par la concurrence internationale, notamment chinoise. Le sommet FOWT a soufflé un vent de pression, attendant que Sébastien Lecornu souffle le chaud en faveur d'une transition énergétique accélérée.

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