François Gemenne, chercheur au FNRS et coauteur du sixième rapport du GIEC, revient sur le retour en grâce de la climatisation en France. En pleine canicule, il estime que ce sujet ne doit plus être un tabou, surtout dans un pays où l'énergie est quasiment décarbonée.
Un tabou qui tombe
Alors que la France traverse une nouvelle vague de chaleur, le débat sur la climatisation refait surface. Pour François Gemenne, il est temps de lever les réticences. « Cela ne doit plus être un tabou », affirme-t-il. Selon lui, la climatisation peut être une solution adaptée, à condition de l'utiliser de manière raisonnée.
Une électricité décarbonée comme atout
Le chercheur souligne que la France bénéficie d'un mix électrique largement décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. « Dans d'autres pays, la climatisation aggrave les émissions de gaz à effet de serre. En France, ce n'est pas le cas », explique-t-il. Il appelle donc à une approche pragmatique.
Des recommandations pour une utilisation responsable
François Gemenne insiste sur la nécessité d'encadrer l'usage de la climatisation :
- Privilégier les systèmes réversibles et économes en énergie.
- Isoler correctement les bâtiments pour limiter les besoins.
- Éviter de climatiser les espaces vides ou inoccupés.
Il rappelle également que la climatisation ne doit pas être la seule réponse face aux canicules. « Il faut aussi végétaliser les villes, créer des îlots de fraîcheur et adapter l'urbanisme », ajoute-t-il.
Un contexte de canicule
Cet entretien intervient alors que la France connaît des températures records. Les épisodes de chaleur se multiplient, poussant les pouvoirs publics à repenser les stratégies d'adaptation. Pour François Gemenne, le retour en grâce de la climatisation est une étape nécessaire, mais pas suffisante.



