Une bouée connectée pour surveiller la santé de la baie de Cannes
Depuis une dizaine de jours, une bouée jaune innovante oscille au large de Cannes, au rythme de la Méditerranée. Installée le 23 avril dans la baie cannoise, elle n'est pas un simple marqueur maritime : c'est un concentré de technologies qui mesure en continu la qualité de l'eau. Cet équipement expérimental est au cœur d'un dispositif porté par l'agglomération Cannes Lérins, engagée dans la protection du littoral.
Pour David Lisnard, président de l'agglomération : « La préservation de la Méditerranée constitue une priorité constante. Cela exige d'aller au-delà des seules actions curatives. Nous devons mieux comprendre et davantage anticiper. » C'est l'objet de cette bouée connectée conçue par la start-up BiOceanOR.
L'intelligence artificielle au service de la mer
Concrètement, la bouée agit comme une station scientifique flottante. Oxygène dissous, température, salinité, pH ou encore chlorophylle : une série de paramètres essentiels est mesurée toutes les vingt minutes. L'enjeu n'est plus de constater l'état de la mer à un instant T, mais d'en comprendre les évolutions.
« On parle beaucoup de la bouée, mais elle n'est qu'un support. L'essentiel, c'est la récupération et le traitement des données », insiste Samuel Dupont, président de BiOceanOR. Grâce à l'intelligence artificielle, l'entreprise développe des modèles capables de prévoir certaines évolutions, notamment celles de l'oxygène dissous, indicateur clé de la santé des écosystèmes marins.
« L'idée de ce projet est surtout de fournir des outils d'aide à la décision », expose-t-il, en s'appuyant sur des projections à 48 heures pour accompagner la gestion du milieu marin. Un système de qualification des données, baptisé AquaCheck, va également adresser un score à chaque donnée collectée pour donner un indice de confiance et optimiser les plans de maintenance et les nettoyages des jeux de données.
La saison estivale comme véritable test
Depuis sa mise en service, les premières variations observées restent cohérentes avec la météo et la saison, sans anomalie particulière détectée. Mais le véritable test viendra avec la saison estivale, période de forte activité et de pression accrue sur le littoral.
« Ce qu'on va surtout attendre, parce qu'il y a beaucoup d'activités à Cannes l'été, il faudra surveiller l'évolution de ces différents paramètres sur une période estivale qui sera sans doute chargée en événements divers et variés, météorologiques et autres », souligne Samuel Dupont.
Si les résultats sont concluants, d'autres points de mesure pourraient voir le jour. « On est en discussion pour déployer cette technologie sur d'autres zones », indique Samuel Dupont, qui envisage aussi une diffusion plus large à l'échelle méditerranéenne. Une chose est sûre : dans la baie de Cannes, la mer n'est plus seulement observée, elle commence à être anticipée.



