Après une semaine de températures records, l’Hexagone a retrouvé une météo plus clémente ce lundi. Pourtant, nombre de logements peinent à se rafraîchir et certains thermomètres intérieurs continuent d’afficher des niveaux très élevés. Alors que les températures devraient repartir à la hausse en fin de semaine, il ne reste donc qu’une fenêtre de temps restreinte pour rafraîchir immeubles, appartements et maisons. Petit état des lieux avec Sihem Guernouti, chercheuse spécialisée en thermique du bâtiment et microclimat urbain.
Un délai de trois à cinq jours pour rafraîchir un logement
Après la semaine caniculaire que nous venons de vivre, combien de temps faut-il pour rafraîchir un logement ? « On parle en général de trois à cinq jours. Mais cela dépend beaucoup du bâtiment et de son environnement », explique Sihem Guernouti. « On ne peut se baser sur les mêmes paramètres selon qu’on parle d’un appartement en ville ou d’une maison à la campagne. »
Dans le premier cas, l’environnement très minéral et les surfaces qui ont chauffé continuent de restituer la chaleur emmagasinée. C’est ce qu’on appelle l’inertie thermique. « Dans un environnement urbain dense, les différents éléments entretiennent entre eux cette chaleur. C’est ce qui crée les îlots urbains », précise la chercheuse. Dans le second cas, « cela ira beaucoup plus vite parce que la maison va probablement davantage être entourée de végétation et mieux exposée à une ventilation. »
L’inertie thermique, un facteur clé
Le même processus se produit à l’intérieur des logements. « Les murs et différentes surfaces de l’habitation ont aussi stocké de la chaleur. Et selon la propriété intrinsèque de l’enveloppe du bâtiment, c’est-à-dire du matériau de chacune de ces surfaces, il faut plus ou moins de temps », explique Sihem Guernouti. Par exemple, « s’il est en matériaux massifs et lourds, comme du béton ou de la pierre, il aura une forte inertie. Cela veut dire qu’il protège davantage de la chaleur dans un premier temps, mais il l’emmagasine aussi davantage. C’est l’inverse avec le bois par exemple, qui chauffe très vite mais ne retient pas la chaleur. »
Il faut aussi prendre en compte l’exposition des surfaces. « Si le logement est tourné vers le nord, l’ouest, l’est ou le sud, c’est différent. La toiture, bien entendu, est particulièrement sollicitée. Pour les logements sous les toits, c’est même une double peine puisque l’air chaud ayant tendance à monter, ces logements récupèrent la chaleur de tout l’immeuble », ajoute-t-elle.
Des conseils pour profiter de la fenêtre de rafraîchissement
Globalement, tout ce qui compose le logement, jusqu’aux meubles et tout ce que vous pouvez avoir chez vous, chaque élément représente un mini-radiateur qui stocke une chaleur qu’il faut évacuer. Mais alors, comment utiliser au mieux ces quelques jours plus cléments ? « Il faut ouvrir les fenêtres. Cela paraît évident mais il faut le faire au maximum dans les moments qui ont un potentiel de rafraîchissement. Dès que la température extérieure est inférieure à l’intérieur, il faut ouvrir », recommande Sihem Guernouti.
En revanche, « il faut, autant que possible, limiter le réchauffement. Cela veut dire que même si les températures sont plus basses que la semaine dernière, il faut continuer à protéger le logement aux heures les plus chaudes et fermer les volets, déployer les stores ou continuer à mettre des couvertures de survie sur les vitres, comme beaucoup de gens l’ont montré sur les réseaux sociaux », conclut-elle.



